OpenAI prévoit de creuser un flux de trésorerie disponible négatif de 278 milliards de dollars entre 2026 et 2030, selon un rapport du Financial Times publié en septembre 2026. Cette envolée des dépenses, atteignant 856 milliards de dollars pour la puissance de calcul et les infrastructures, intervient alors que le créateur de ChatGPT discute avec des investisseurs d’une valorisation dépassant 1,2 trillion de dollars.
L’ambition monumentale dans l’intelligence artificielle a un prix vertigineux. OpenAI s’attend à brûler près de 280 milliards de dollars en liquidités d’ici la fin de la décennie, d’après les chiffres d’une présentation interne consultée par la presse financière. Ce gouffre financier reflète l’accélération brutale des investissements technologiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner des modèles d’IA de plus en plus complexes.
Une décennie de dépenses colossales en infrastructures
Le cœur de cette stratégie agressive repose sur une facture énergétique et matérielle sans précédent. La firme prévoit de consacrer environ 856 milliards de dollars aux infrastructures et à la puissance de calcul d’ici la fin 2030, faisant de ce poste son principal centre de coûts. Pour soutenir ces besoins massifs, le géant technologique a notamment conclu des accords majeurs, à l’instar du projet pharaonique dans l’Ohio.

Sur le site d’une ancienne usine d’enrichissement d’uranium de la Guerre froide, OpenAI va louer pour une durée de vingt ans le plus grand centre de données d’intelligence artificielle jamais conçu. Ce campus baptisé PORTS-Pike Technology Campus doit abriter d’ici 2032 plus d’un million et demi de puces spécialisées pour une puissance de 8 gigawatts. La consommation électrique de ce complexe équivaudra à celle de sept millions de foyers américains et sera alimentée en grande partie par une nouvelle centrale à gaz.
Des revenus multipliés par dix face à des réserves de cash limitées
Pour absorber ce déficit abyssal, la direction table sur une croissance fulgurante de son chiffre d’affaires. Les projections internes indiquent que les revenus de l’entreprise devraient passer de 36 milliards de dollars cette année à 350 milliards de dollars en 2030, pour un total cumulé de 840 milliards de dollars sur la période. De nouveaux lancements de modèles ont déjà permis de stimuler les recettes annualisées de façon notable au mois de juillet.
Malgré ces perspectives d’expansion, les réserves actuelles fondent à vue d’œil. La société avait levé 122 milliards de dollars en mars dernier à l’occasion d’un tour de table l’évaluant à 852 milliards de dollars. Cependant, ce matelas financier pourrait être totalement épuisé d’ici 2028 au rythme actuel des investissements.
Valorisation record et introduction en Bourse reportée
Face à la nécessité de renouveler ses sources de financement, l’entreprise mène actuellement des discussions avec des investisseurs potentiels susceptibles de valoriser l’entreprise à environ 1,2 trillion de dollars, voire davantage. Parallèlement, le calendrier boursier a été profondément modifié.

Bien qu’OpenAI ait déposé en juin un dossier confidentiel en vue d’une introduction en Bourse, le projet a été suspendu. Le directeur général Sam Altman a confirmé que l’entreprise ne ferait pas ses débuts publics en 2026, invoquant la nécessité d’accorder la priorité aux précautions liées à la sécurité de l’intelligence artificielle.
Des garanties financières croisées dans tout l’écosystème
L’ampleur de cette trajectoire financière crée des interdépendances critiques à travers toute l’industrie technologique. Fournisseurs de puces et gestionnaires d’infrastructures lient une part importante de leurs perspectives de chiffre d’affaires à la santé financière du créateur de ChatGPT.
À cet égard, le géant des microprocesseurs Nvidia s’est engagé à fournir une garantie de financement pouvant atteindre 105 milliards de dollars pour sécuriser le complexe de l’Ohio, intervenant en dernier ressort si le site perdait sa valeur sans trouver de repreneur.
Est-ce du financement circulaire ? Non.
Jensen Huang, patron de Nvidia
Alors que la contestation locale contre l’implantation des centres de données s’intensifie aux États-Unis — alimentée par des tensions sur les factures d’électricité et les ressources en eau — la viabilité à long terme de ce modèle économique reste le grand point d’observation des marchés financiers pour les prochaines années.
À lire aussi