OpenAI et Microsoft visés par une plainte pour vol massif de données

L’affaire, qui oppose de grands éditeurs d’actualités aux géants de la tech américaine, prend une tournure explosive. Dans des documents judiciaires rendus publics à New York, les accusations portées contre les créateurs de ChatGPT décrivent des pratiques de captation de données à grande échelle. L’entreprise dirigée par Sam Altman est notamment accusée par le journal The New York Times d’avoir scrapé le contenu de plus de 10 millions d’articles, dont près d’un tiers provenaient de ses propres archives.

Les déclarations explosives des cadres de Microsoft sur le vol de données

La tension est montée d’un cran avec la révélation de propos tenus en interne chez Microsoft, actionnaire et partenaire technologique majeur d’OpenAI depuis 2019. Selon les pièces versées au dossier, un responsable de la firme de Redmond a qualifié ces méthodes de véritable pillage intellectuel.

Ce même directeur de la recherche appliquée a également soutenu qu’il s’agissait du plus grand vol de main-d’œuvre de l’histoire de l’humanité, tout en avertissant la direction d’un risque de dissimulation accidentelle lors des tentatives de traçage du contenu d’origine, selon les informations rapportées par la presse. Contacté par l’AFP, un porte-parole de Microsoft a minimisé ces déclarations, les qualifiant de simples points de vue individuels ne reflétant pas la position officielle de l’entreprise.

Le contournement des normes de l’industrie et la crise du trafic web

Au-delà du volume des données prélevées, les groupes de presse dénoncent un contournement méthodique des usages établis dans le secteur numérique. Les plaignants affirment notamment que Microsoft a enfreint les règles en cédant à OpenAI un ensemble de données initialement acquis pour son moteur de recherche Bing, et ce, sans l’accord préalable des éditeurs, d’après les précisions publiées par Ars Technica.

La situation économique des médias traditionnels se trouve fragilisée par l’émergence des fonctionnalités conversationnelles et des résumés automatisés, à l’instar de l’outil de Google. Ces interfaces absorbent une part croissante du trafic autrefois dirigé vers les sites d’information. Les tentatives des entreprises d’IA pour rediriger les utilisateurs au moyen de liens hypertextes se heurtent à une réalité comportementale amère. Un ingénieur d’OpenAI a ainsi reconnu par le passé que peu importe l’endroit bien en vue où nous affichons les liens, les utilisateurs ne cliqueront pas, un constat consigné dans les dossiers de la procédure.

Une bataille juridique sous haute tension menée jusqu’en 2027

La plainte initiale, déposée il y a trois ans devant un tribunal fédéral new-yorkais, réunit désormais un front élargi d’éditeurs, comprenant notamment Ziff Davis — propriétaire de CNET —, la maison mère du magazine Mother Jones, le site d’investigation The Intercept, ainsi que divers journaux locaux à travers les États-Unis. Les plaignants réclament des réparations financières pour chaque article exploité sans autorisation.

OpenAI et Microsoft visés par une plainte pour vol massif de données
Photo: ndtv.com

Face à ces accusations, les défendeurs invoquent la doctrine de l’usage loyal (« fair use »), arguant d’un usage transformatif de l’information et soulignant l’importance de leurs technologies pour la recherche scientifique et la croissance économique. Cet argument a reçu le soutien inattendu du ministère de la Justice américain, qui a déposé un mémoire en septembre en faveur des entreprises technologiques. Sauf décision contraire du juge fédéral Sidney Stein sur la demande de jugement sommaire formulée par les plaignants, le dossier ne devrait pas être jugé avant l’année 2027.

OpenAI’s Empire Strikes: Labor Theft, Myths, and the Fight Back

Sur le même sujet

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.