Louis Girard – Tech
Une découverte qui bouleverse la discipline
Dans la nuit du 6 au 7 octobre, alors qu’il consultait un document récemment mis en ligne sur la plateforme GitHub, le mathématicien français Hugo Duminil-Copin a fait une découverte qui l’a boulegré au point d’en pleurer. L’entreprise technologique OpenAI venait de publier, peu avant minuit heure européenne, une liste de 722 articles contenant près de 400 problèmes mathématiques complexes prétendument résolus.
Cette annonce soudaine a provoqué stupeur, effroi et enthousiasme au sein de la communauté scientifique internationale. Lauréat en 2022 de la prestigieuse médaille Fields — considérée comme la distinction suprême pour les mathématiciens de moins de quarante ans —, Hugo Duminil-Copin avait pourtant écrit le 30 août sur le blog Proofs and Prompts qu’il avait eu jusqu’alors la chance de ne pas être directement confronté à une intelligence artificielle résolue par ses propres soins. Cette certitude a volant en éclats cette nuit d’octobre.
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Les répercussions sur la recherche et les critiques éthiques
L’utilisation de l’intelligence artificielle pour résoudre des énigmes mathématiques risque d’entraîner la perte de la spontanéité et de la démarche de découverte humaine. Les essais infructueux et les erreurs traversés lors des recherches permettent traditionnellement aux chercheurs d’accumuler des dizaines d’idées secondaires qu’ils réutilisent dans d’autres contextes, générant ainsi des avancées inattendues.
Avant cette publication, OpenAI avait mis en place un conseil consultatif externe dont certains membres, dont Gowers, avaient instamment demandé de ne pas employer de questions non résolues pour tester des modèles encore secrets. Face au mépris de cette recommandation, le mouvement de protestation Association for Human Mathematics a vertement critiqué l’organisation, l’accusant d’avoir fait preuve d’un mépris total envers les normes de la recherche scientifique qui garantissent la fiabilité, l’éthique et l’intérêt général de la discipline.
Contexte historique et questions en suspens
Pour mesurer l’ampleur du terrain couvert par ces recherches, les sources rappellent l’importance de jalons historiques tels que la formulation de la célèbre hypothèse liée aux nombres premiers, amorcée autour de 1800 et démontrée en 1896, ainsi que les travaux de Bernhard Riemann en 1859 sur la marge d’erreur des approximations.
De même, la résolution du dixième problème de Hilbert concernant les équations diophantiennes, achevée en 1970 par le Russe Joeri Matijasevitsj après vingt et un ans d’efforts conjoints de quatre mathématiciens, illustre la complexité de ces travaux que l’intelligence artificielle prétend désormais surmonter en série. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a reconnu la situation en déclarant dans un épisode du podcast Cheeky Pint que l’entreprise avait délibérément laissé la situation évoluer hors de tout contrôle pendant une semaine entière en ce qui concerne les mathématiques.
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