Les bourses de Tokyo et de Séoul chutent face aux craintes de régulation de l’IA

Les bourses de Tokyo et de Séoul ont lourdement chuté, entraînées par une vague de ventes massives sur les marchés technologiques mondiaux après les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis. Les investisseurs craignent que le recul du Parti républicain et la victoire des Démocrates ne débouchent sur un durcissement de la réglementation concernant l’intelligence artificielle et la construction de centres de données.

Le Nasdaq encaisse son pire recul depuis avril 2025

À Wall Street, l’indice Nasdaq a chuté de 5,52 % lors d’une séance de ventes massives qui a lourdement frappé Nvidia et les fabricants de semi-conducteurs. D’après le courtier en ligne Monex, les inquiétudes se multiplient quant à un frein réglementaire sur les projets de chantiers indispensables au boom mondial de l’IA, évalué en centaines de milliards de dollars. En Asie, cette onde de choc a immédiatement provoqué la panique : l’indice Nikkei à Tokyo a reculé de 5,69 % à 57.602 points, tandis qu’en Corée du Sud, l’indice Kospi a dévissé de 7,92 % à 4.957 points, déclenchant un mécanisme de suspension automatique des échanges pendant vingt minutes, comme le relaye Le Parisien.

Les fabricants de puces mémoire sud-coréens, dont les composants alimentent les infrastructures de traitement des données, ont subi de plein fouet cette dégringolade. Au Japon, l’action Tokyo Electron a cédé environ 9 % et Kioxia a abandonné 13 %. Du côté des autres valeurs technologiques mondiales, la tendance s’est révélée tout aussi difficile : Tesla et SpaceX ont cédé plus de dix pour cent, tandis que la capitalisation boursière de Nvidia s’est vue amputée de près de quatre cents milliards de dollars. Les investisseurs avaient d’abord applaudi la déroute infligée par les Démocrates lors des élections de mi-mandat américaines au Parti républicain du président Donald Trump, avant d’adopter une attitude plus prudente face aux risques réglementaires.

La réorientation des capitaux vers d’autres secteurs en Europe

La tempête boursière a également traversé l’Atlantique, touchant les marchés européens où les valeurs technologiques et les fabricants de puces ont reculé. En Île-de-France et à Amsterdam, ASML a perdu 6,6 %, Infineon a chuté de 8,5 % et STMicroelectronics a terminé en baisse de plus de 9 %. Parallèlement, la S&P 500 a reculé de 3,5 pour cent, tandis que les bourses de Tokyo et de Séoul ont prolongé leurs pertes.

Malgré cette correction généralisée sur les valeurs de croissance liées à l’intelligence artificielle, certains marchés ont profité d’un mouvement de rotation des portefeuilles. Selon Tom Simonts, économiste chez KBC interrogé par Nieuwsblad, ce qui est retiré d’AI est réinvesti ailleurs. Cette dynamique a permis à l’indice Bel-20 de franchir de nouveaux seuils historiques, soutenu par des valeurs défensives et des groupes solides mais moins spéculatifs comme UCB, Argenx, KBC et AB InBev. L’économiste rappelle par ailleurs qu’en dépit de la panique, certaines entreprises fournissant de l’énergie aux centres de données disposent de carnets de commandes remplis pour quatre à cinq ans, ce qui crée des opportunités d’achat inattendues lorsque la peur domine les marchés.

Les bourses de Tokyo et de Séoul chutent face aux craintes de régulation de l'IA
Photo : De Standaard

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