ONU : élection de 15 membres au Conseil des droits de l’homme critiquée par des ONG

L’Assemblée générale des Nations Unies a élu le 13 octobre 2026 quinze nouveaux membres au Conseil des droits de l’homme pour la période 2027-2029. Cette élection sans surprise, marquée par l’absence de concurrence régionale, suscite de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains concernant l’intégrité de l’institution.

L’élection de quinze nouveaux membres par l’Assemblée générale

Quinze pays ont intégré le Conseil des droits de l’homme lors d’un vote à bulletins secrets mené par les 193 États membres de l’Assemblée générale de l’ONU. Le scrutin, qui s’est tenu le 13 octobre 2026, renouvelle un tiers de cette instance intergouvernementale de 47 sièges basée à Genève. Les mandats des nouveaux membres débuteront officiellement le 1er janvier 2027 pour s’achever le 31 décembre 2029, en remplacement des quinze nations dont le mandat arrive à expiration fin 2026. Avant le scrutin, le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a rappelé la répartition des sièges vacants entre les différents groupes régionaux.

La répartition géographique des sièges s’établit selon les cinq groupes régionaux de l’organisation. Pour le groupe des États africains, le Zambia a obtenu 177 votes, suivi par le Ghana avec 173 voix, le Nigeria avec 172 voix et le Burundi avec 160 voix, pour un total de quatre sièges attribués sans abstention sur 181 votes valides. Le groupe Asie-Pacifique, disposant de quatre sièges pour quatre candidats, a vu l’élection de Koweït et du Népal avec 173 voix chacun, de la Jordanie avec 171 voix et du Japon avec 166 voix, sur un total de 180 votes et une abstention. Enfin, le groupe des États occidentaux et autres a placé l’Irlande avec 165 voix et l’Allemagne avec 163 voix, sur 181 votes totaux et 15 abstentions.

Cinq pays – la Chine, la Côte d’Ivoire, Cuba, la France et le Malawi – étaient inéligibles pour une réélection immédiate, ayant accompli deux mandats consécutifs conformément à la résolution 60/251 adoptée le 15 mars 2006. Par ailleurs, les archives des scrutins montrent que les élections comportant une seule ou deux listes compétitives ont dominé l’histoire de l’instance, le vote de 2026 marquant la sixième fois que l’ensemble des groupes régionaux présente des listes totalement non compétitives, après les années 2008, 2009, 2018, 2021 et 2025.

Les critiques acerbes des organisations face à des listes sans opposition

Pour la deuxième année consécutive, les listes présentées par les différents groupes régionaux étaient fermées. Chaque groupe a soumis exactement le même nombre de candidats que de sièges vacants, éliminant toute compétition et transformant le scrutin en une simple formalité. Cette configuration récurrente a immédiatement provoqué la colère des ONG internationales, qui déplorent l’accès de pays aux bilans contestés à la plus haute instance onusienne en matière de droits humains.

Louis Charbonneau a déclaré selon Al Jazeera que « ce vote sans concurrence tourne le mot “élection” en dérision ».

L’organisation Human Rights Watch a souligné que l’absence de concurrence permet à des États affichant des violations documentées d’intégrer le Conseil sans encombre. Personne ne devrait se voir offrir un siège au sein de cet organe crucial sur un plateau d’argent, a insisté Louis Charbonneau, appelant les États membres à exiger des candidatures multiples pour pouvoir écarter les gouvernements les moins vertueux. L’International Service for Human Rights a de son côté publié des scorecards indiquant que seuls six des quinze États candidats remplissaient la majorité des critères d’évaluation fixés par ses services. Madeleine Sinclair, directrice du bureau de l’organisation à New York, a insisté sur la nécessité pour les nations attachées aux droits humains de garantir l’intégration de pays respectant les standards les plus exigeants. Les critiques ont également visé des situations nationales spécifiques, relevant que le Burundi n’a pas mené les réformes nécessaires en matière de gouvernance et de justice, que le Nigeria doit établir les responsabilités concernant les exactions commises lors du conflit contre Boko Haram, et que le Brésil doit impérativement enquêter sur les violences policières après la mort de milliers de personnes recensées l’année précédente.

UN Human Rights Council elects 15 members in uncontested vote
Photo : Al Jazeera

La position officielle des Nations Unies et la réaction des États élus

Interrogé sur le manque de compétitivité de ce scrutin, le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a rappelé que la constitution des listes relève de la responsabilité souveraine des 193 nations membres. Mais ce que nous avons toujours affirmé, c’est que les États membres qui sont élus au sein du plus haute instance de cette organisation en matière de droits de l’homme ont une responsabilité accrue de protéger les droits de l’homme, non seulement dans leur propre pays, mais aussi d’être de fervents défenseurs des droits de l’homme à l’échelle mondiale, a déclaré Stéphane Dujarric, soulignant que cette exigence s’applique tant sur le plan national qu’international.

Le Népal, par l’intermédiaire de sa mission permanente à New York, a exprimé sa gratitude envers les États membres pour leur confiance envers son attachement au multilatéralisme et à l’état de droit.

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