Des cas cliniques documentent des présentations atypiques de l'hépatite syphilitique simulant une atteinte hépatique, tandis que d'autres observations révèlent des complications hépatiques induites par la lamotrigine.
Manifestations hépatiques atypiques et atteinte rénale concomitante liées à la syphilis
La syphilis, causée par la bactérie Treponema pallidum, demeure une infection mondiale dont l’incidence connaît une recrudescence notable. Dans les pays à haut revenu, cette augmentation touche particulièrement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.
Le patient a consulté aux urgences pour des symptômes variés. Les examens biologiques réalisés ont notamment indiqué un taux d’hémoglobine à 13,2 g/dL (avec un intervalle de référence de 13 à 18 g/dL), un taux de leucocytes à 6930/µL comprenant 4500 neutrophiles/µL et 1700 lymphocytes/µL, un nombre de plaquettes fixé à 195 000/µL. Concernant l’analyse urinaire, les examens ont mis en évidence des protéines de l’ordre de 1 466 mg/dL et un ratio protéines totales sur créatinine urinaire atteignant 6 667 mg/g.
Dans la revue systématique conduite par Huang et al. et portant sur 144 cas d’adultes, la distribution des manifestations cliniques de l’hépatite syphilitique a montré une prévalence des éruptions cutanées touchant 77,9 % des patients, de la fatigue ou de la perte d’appétit chez 56,7 %, d’un ictère chez 35,1 %, de fièvre chez 25,8 %, d’une perte de poids chez 22,7 % ainsi que de douleurs abdominales chez 21,6 % des individus.
L’historique de cette observation clinique a également fait l’objet d’une communication antérieure lors de la réunion scientifique annuelle de l’American College of Gastroenterology qui s’est tenue à Vancouver, au Canada, entre le 20 et le 25 octobre 2023.
Un second profil clinique chez un patient de soixante et un ans
Une autre observation clinique documentée parue dans cette analyse de l’hépatite syphilitique concerne un homme immunocompétent de 61 ans, sans antécédent médical notable, admis avec un tableau d’œdèmes des membres inférieurs, de fatigue, de perte de poids et un exanthème épargnant les paumes et les plantes des pieds. L’évaluation biologique a mis en évidence un profil de stase biliaire marqué par des élévations importantes de la phosphatase alcaline et de la gamma-glutamyl transférase.
L’exclusion des hépatites virales par des sérologies négatives pour les virus A, B, C, E, le cytomégalovirus et le virus d’Epstein-Barr, conjuguée à l’absence de marqueurs auto-immuns positifs, a orienté le diagnostic. L’interrogatoire a mis en avant des facteurs de risque sexuels. Une administration unique de benzathine pénicilline G a permis la résolution clinique et sérologique ainsi que la normalisation progressive des paramètres hépatiques.
Complications hépatiques graves associées à la lamotrigine et support artificiel
Malgré l’arrêt du médicament, l’atteinte hépatique a évolué vers une cholestase réfractaire et des troubles de la coagulation. Sur le plan biologique, les examens ont mis en lumière une altération marquée de l’hémostase, avec un temps de prothrombine initialement mesuré à 13,6 secondes qui s’est prolongé successivement à 21,3 secondes puis à 28,5 secondes, tandis que le rapport international normalisé (INR) a progressé de 1,22 pour s’élever à 1,99 puis à 2,37.
Les lecteurs ne sauraient déduire de ces observations des conclusions médicales généralisables à l’ensemble des patients présentant des pathologies hépatiques ou cutanées similaires. Devant toute manifestation clinique s’apparentant à ces tableaux complexes, la démarche appropriée consiste à consulter des professionnels de santé qualifiés afin de bénéficier d’une évaluation rigoureuse et d’une prise en charge adaptée.
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