Les Forces armées royales et le commandement américain pour l’Afrique ont signé un mémorandum pour créer l’Africa Multidomain Training and Experimentation Center au Maroc d’ici 2030. Ce projet militaire stratégique s’inscrit dans le cadre d’un partenariat de défense pour la période 2026-2036, tout en suscitant l’attention de la presse en Espagne.
Le mémorandum de l’AMTEC et le calendrier fixé à 2030
Les Forces armées royales et le commandement américain pour l’Afrique ont officialisé leur coopération le 13 juillet par la signature d’un mémorandum, d’après les informations rapportées par le projet d’entraînement multidomaine. Ce texte acte la création de l’Africa Multidomain Training and Experimentation Center, connu sous l’acronyme AMTEC. L’achèvement de ce complexe est planifié d’ici 2030.
Le projet comprendra plusieurs infrastructures majeures destinées à transformer les capacités opérationnelles sur le terrain. Les installations intégreront une zone d’entraînement multidomaine, une académie de drones ainsi qu’un espace spécialisé pour tester de nouvelles technologies militaires, selon les détails publiés par la même source. Le général Mohammed Berrid a souligné que les compétences et les installations déjà disponibles au Maroc permettront d’accélérer la transition entre la phase de projet et le début des opérations concrètes.
Les projets de sites de sécurité et le budget de défense américain
D’après les dispositions de la version sénatoriale du budget, le Sénat américain a demandé au Pentagone d’étudier la création de nouveaux sites de sécurité au Maroc
afin de renforcer la préparation conjointe et la capacité de réaction aux crises régionales
.
Bien que le texte ne mentionne pas explicitement l’ouverture de bases permanentes, les rédacteurs exigent l’examen d’options pour établir des sites de sécurité coopérative
. Les sénateurs demandent également d’évaluer la possibilité de partager les coûts de rénovation de pistes autrefois utilisées au Maroc par le Strategic Air Command américain
. Dans les 180 jours suivant la promulgation de la loi, le secrétaire à la Défense devra présenter un plan détaillé pour approfondir cette coopération au sein du partenariat de défense Maroc–États-Unis établi pour la décennie 2026-2036.
Technologie de pointe pour les hélicoptères Apache et analyse des phosphates
Le Pentagone a attribué un accord au groupe Northrop Grumman pour l’équipement des hélicoptères AH-64E Apache, comme le relève l’attribution de ce contrat de haute technologie. Cette commande porte sur le système de guerre électronique AN/APR-39D(V)2, piloté par la Marine américaine dans le cadre des ventes militaires à l’étranger.
Ce dispositif doit renforcer les capacités de détection des menaces, d’alerte radar et d’autoprotection des appareils. Dans le même temps, la version du National Defense Authorization Act soumise au Sénat américain intègre une étude sur la chaîne d’approvisionnement en phosphate. Selon l’évaluation des risques liés aux matières premières, le Pentagone doit examiner la part de marché du Maroc, de la Chine et d’autres producteurs majeurs pour anticiper d’éventuelles vulnérabilités dans la fabrication de munitions et de composants de défense.
Les réactions en Espagne face au renforcement de la coopération
Ce rapprochement militaire entre Rabat et Washington n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’autre côté de la Méditerranée. L’évolution des capacités opérationnelles marocaines provoque une certaine vigilance au sein de la presse espagnole, en particulier en raison de la proximité géographique de Tan-Tan avec les îles Canaries. Les sources officielles américaines ne citent toutefois ni l’Espagne ni cet archipel dans leurs communiqués, l’inquiétude relevée émanant principalement des analyses publiées par certains médias ibériques.

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