Tensions au Moyen-Orient freinent la reprise du dollar, données américaines scrutées
PARIS – Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de dominer les marchés financiers, éclipsant les données économiques américaines et freinant la récente appréciation du dollar. Les investisseurs restent sur le qui-vive, tandis que les prix du pétrole persistent à la hausse, alimentant les craintes inflationnistes.
La situation sécuritaire, exacerbée par les opérations militaires américaines et israéliennes en Iran et ses environs, a poussé les marchés à adopter une attitude prudente. Les commentaires récents des présidents américain Donald Trump et israélien Netanyahu, suggérant un conflit prolongé, semblent se confirmer. Des informations non vérifiées concernant l’élection de Mojtaba, fils de l’ayatollah Ali Khamenei, comme nouveau leader spirituel iranien ajoutent à l’incertitude.
Les marchés boursiers non américains sont particulièrement touchés. L’indice DAX 40 a perdu 6% cette semaine, tandis que les indices asiatiques suivent la même tendance. Même aux États-Unis, les gains de 2026 ont été effacés, le Nasdaq 100 affichant une baisse de 2% depuis le début de l’année.
L’or, traditionnellement considéré comme une valeur refuge, a connu un comportement inhabituel. Après une forte volatilité avec une amplitude de 380 dollars, les acheteurs sont intervenus au seuil des 5 000 dollars. Cette réaction suggère que l’or pourrait avoir du mal à atteindre de nouveaux sommets, même en période de crise.
Malgré une proposition du président Trump d’offrir des garanties politiques aux armateurs via la US Development Finance Corporation, les prix du pétrole continuent de grimper. Le WTI se négocie actuellement à son plus haut niveau depuis juin 2025, juste en dessous de la zone de 77,07 à 77,11 dollars le baril.
Le dollar, après une forte progression depuis mi-novembre 2024, semble marquer une pause. Cette stabilisation pourrait ouvrir la voie à un léger retour de la prise de risque si la situation au Moyen-Orient ne se détériore pas davantage.
Les investisseurs surveillent de près les publications de données économiques américaines prévues aujourd’hui, notamment l’ADP employment report et l’ISM Services PMI. Lundi, l’ISM Manufacturing PMI a montré une augmentation du sous-indice des prix payés, atteignant son plus haut niveau depuis mi-2022, en raison des récentes mesures tarifaires.
La Banque du Japon (BoJ) a également influencé les marchés. Le gouverneur Ueda a tempéré les attentes d’une hausse des taux d’intérêt, soulignant la nécessité d’une augmentation significative des salaires lors des négociations annuelles de Shunto pour justifier une telle décision. Le yen a bénéficié de ces interventions verbales, tentant de freiner la récente dépréciation face au dollar. Le franc suisse, autre valeur refuge, reste également en forte demande, poussant la SNB à envisager une intervention sur le marché.
Les commentaires du président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, indiquant que de nouvelles baisses de taux pourraient être envisagées si l’inflation diminue, sont pour l’instant éclipsés par les événements géopolitiques. La situation actuelle souligne la complexité de la prise de décision des banques centrales dans un contexte mondial incertain.
