La résilience des marchés face à la guerre en Iran surprend les analystes
NEW YORK (AP) – Malgré les tensions croissantes au Moyen-Orient et l’escalade du conflit en Iran, les marchés boursiers affichent une résilience inattendue. Depuis le début de la guerre fin février 2026, l’indice S&P 500 n’a cédé que 4,96% par rapport à son plus haut historique du 27 janvier, et 3,59% depuis le début des hostilités. Cette performance contraste fortement avec les réactions observées lors d’événements géopolitiques similaires, notamment l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Les premières inquiétudes portaient sur une possible flambée des prix du pétrole et une récession mondiale, en particulier avec la menace de fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport de l’énergie. Pourtant, les craintes de récession semblent moins vives qu’en 2022, même si les analystes ont relevé leur probabilité de survenue, passant de 20% à 35% peu après le début de la guerre.
Un facteur clé de cette résilience réside dans les prévisions de bénéfices des entreprises. Les estimations de bénéfices par action (BPA) pour 2026 et 2027 ont continué de progresser, atteignant un niveau record de 328,80 dollars par action. Cette hausse compense en partie le recul de 6,8% du multiple d’évaluation, limitant ainsi la baisse globale de l’indice S&P 500 à 5%.
Contrairement à 2022, où les inquiétudes concernant une crise énergétique ont pesé sur les perspectives économiques, les estimations de BPA n’ont pour l’instant pas été revues à la baisse en raison de la guerre en Iran. Cette tendance s’observe également pour les indices S&P 400 MidCaps et S&P 600 SmallCaps, qui ont également retrouvé des niveaux records.
La force du dollar américain contribue également à cette dynamique. Le conflit a renforcé la valeur du dollar sur le marché des changes, en raison de la position des États-Unis en tant qu’exportateur de pétrole et du statut de valeur refuge de sa monnaie. Les pays européens, le Japon et de nombreuses économies émergentes, qui sont importateurs de pétrole et de gaz, sont plus vulnérables à une crise énergétique, ce qui explique la faiblesse de l’euro, du yen et de nombreuses devises émergentes.
Cette situation a contraint certains investisseurs à revoir leurs stratégies. En décembre 2025, une recommandation de privilégier les investissements internationaux a été abandonnée au profit d’une approche plus axée sur le marché américain, qui affiche actuellement la deuxième meilleure performance parmi les indices boursiers MSCI depuis le début de la guerre.
Bien que la situation reste incertaine, les marchés semblent parier sur une résolution rapide du conflit. Cependant, les analystes avertissent que si la guerre s’éternise, une correction de 10 à 15% de l’indice S&P 500, voire un marché baissier, ne peut être exclue. L’évolution de la situation économique américaine, notamment les risques liés au marché du crédit privé, pourrait également exacerber les vulnérabilités existantes.
