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Les cabanes à gâteaux rapportent 1 000 livres sterling par semaine

Un modèle économique qui séduit au-delà des frontières

Les cabanes à gâteaux envahissent les jardins britanniques, transformant une activité de loisir en une véritable source de revenus pour certains artisans. Depuis 2020, des centaines de particuliers ont ouvert ces micro-boutiques éphémères, où les clients viennent se servir de pâtisseries maison, souvent sur un système de confiance. Une baker comme Michelle Wright, à l’origine de M.W’s Cakes & Bakes à Romsey (Hampshire), réalise désormais près de 1 000 livres sterling par semaine, après avoir quitté son emploi de coiffeuse pour se consacrer pleinement à sa passion.

Un modèle économique qui séduit au-delà des frontières

L’idée est simple : un panier de gâteaux, biscuits ou brownies est exposé dans un abri de jardin, souvent équipé d’une caméra de surveillance pour dissuader les vols. Les clients, prévenus via des groupes Facebook locaux ou des annonces en ligne, viennent se servir et paient sur l’honneur. Selon Metro.co.uk, cette pratique, apparue il y a quelques années, s’est démocratisée rapidement. À tel point que des villages entiers comptent désormais plusieurs “cake sheds” en activité, avec des bakers qui abandonnent leur emploi salarié pour se lancer à temps plein.

Michelle Wright, dont le commerce a décollé en trois jours après une annonce sur les réseaux sociaux, illustre cette tendance. Elle consacre désormais plus de 40 heures par semaine à la préparation de ses produits, aidée par son mari après le travail. Ses enfants, eux, semblent moins enthousiastes : “Ils n’aiment pas les gâteaux, ils sont trop habitués à en voir autour d’eux”, confie-t-elle. Pourtant, la demande reste constante. Chaque week-end, ses 200 pâtisseries sont écoulées avant même l’ouverture.

“Oh, vous pensez que je bake seulement quelques heures par semaine. Non, non, non ! Mon mari a calculé : c’est plus de 40 heures de travail.”

— Michelle Wright, propriétaire de M.

Un système de confiance qui fonctionne… presque toujours

Le modèle repose sur la bonne foi des clients. Pas de caisse enregistreuse, pas de personnel en place : juste un panier de produits avec des étiquettes de prix et un moyen de paiement (espèces, virement, carte). Pourtant, les erreurs de calcul sont fréquentes. Certains clients envoient même des messages pour s’excuser d’un manque de 50 pence ou d’une livre sterling. “C’est rare, mais ça arrive”, explique Michelle Wright. “La plupart du temps, les gens sont honnêtes, et quand ils ne le sont pas, c’est souvent par négligence.”

MAKING A CAKE SHED 101 | UPDATED VID

Pour limiter les risques, certains bakers installent des caméras de surveillance, comme le fait Michelle Wright. “J’ai la chance de vivre dans un quartier où la communauté est solide”, précise-t-elle. Malgré tout, le système reste vulnérable : un vol ou une erreur de paiement peuvent rapidement affecter la rentabilité. Pourtant, pour ceux qui réussissent, les revenus dépassent souvent les attentes. Selon Metro.co.uk, certains artisans atteignent jusqu’à 1 000 livres sterling par semaine, un chiffre qui dépasse largement celui d’un emploi classique dans le secteur artisanal.

Un phénomène qui interroge les normes du commerce traditionnel

Les “cake sheds” soulèvent des questions sur l’avenir du commerce de proximité. Sans licence commerciale, sans vitrine fixe, ces micro-boutiques contournent les règles habituelles. Pourtant, leur succès repose sur un équilibre fragile : confiance, communauté et flexibilité. Pour les autorités locales, cette pratique pose aussi des défis, notamment en matière de sécurité et de fiscalité. Certains se demandent si ces activités devraient être régulées, surtout lorsque les revenus deviennent significatifs.

En France, où les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) fonctionnent sur un principe similaire, le modèle pourrait inspirer. Mais le cadre juridique y est plus strict, avec des obligations de déclaration et de traçabilité. Au Royaume-Uni, en revanche, la liberté d’entreprendre semble primer, même dans des formats aussi informels.

Et demain ? Vers une généralisation des “micro-commerces” éphémères ?

Si les “cake sheds” restent pour l’instant un phénomène localisé, leur succès pourrait encourager d’autres formes de commerce informel. Des food trucks aux pop-up stores, la frontière entre artisanat et activité commerciale se brouille. Pour les bakers, cette tendance offre une liberté inégalée : pas de loyer, pas de charges fixes, juste une passion et un peu de chance.

Reste à savoir si ce modèle peut s’étendre à d’autres secteurs. Certains y voient une réponse à la crise du coût de la vie, où les consommateurs recherchent des produits locaux et abordables. D’autres y voient simplement une mode passagère, portée par l’engouement pour les réseaux sociaux. Une chose est sûre : les cabanes à gâteaux sont là pour durer, du moins tant que la confiance entre voisins et clients tiendra.

“Je recalcule ce que j’ai acheté, et je suis à 50 pence ou une livre à court.”

À l’heure où les prix des denrées continuent d’augmenter, ces micro-entreprises artisanales pourraient bien devenir un symbole de résilience économique. Pour les bakers, c’est avant tout une question de passion – et de gâteaux.

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