Les infirmiers et techniciens de santé observent une grève nationale ce mardi 9 janvier, coordonnée par le Syndicat indépendant des infirmiers (SII). Les manifestants réclament une revalorisation salariale nette d’au moins 3 000 dirhams pour compenser l’inflation, tout en dénonçant une stagnation des revenus depuis 2007 et des promesses gouvernementales restées sans suite.
Une mobilisation nationale pour une revalorisation salariale urgente
Le secteur de la santé fait face à une nouvelle vague de contestation. Ce mardi 9 janvier, le personnel infirmier et les techniciens de santé ont entamé une grève régionale, notamment dans les zones de Rabat-Salé-Kénitra et Béni-Mellal-Khénifra, comme l’a rapporté Hespress Fr. Ce mouvement social, qui épargne toutefois les services d’urgences et de réanimation, met en lumière un profond sentiment de déclassement au sein de la profession.
Au cœur des revendications figure une demande de hausse du salaire fixe de 3 000 dirhams nets. Cette exigence est justifiée par les syndicats par la flambée des prix à la consommation, qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Selon les représentants du personnel, aucune revalorisation salariale significative n’a été actée pour cette catégorie depuis 2007, une situation jugée intenable au regard de l’implication des infirmiers durant la crise sanitaire du Covid-19.
Le décalage entre les promesses gouvernementales et la réalité du terrain
La frustration actuelle puise ses racines dans des engagements politiques non honorés. Fatim-Zahra Belline, membre du comité de communication du Syndicat indépendant des infirmiers, rappelle qu’il y a deux ans, le chef du gouvernement avait évoqué une hausse salariale visant un salaire cible de 8 000 dirhams. Cependant, l’inflation galopante a rendu cette promesse caduque.
Déjà, il y a 2 ans, le chef du gouvernement a promis aux infirmiers que leur salaire atteindrait les 8 000 dirhams, soit une augmentation de près de 1 500 dirhams, et ils ont promis aux médecins d’appliquer l’indice 509. Ces derniers ont obtenu gain de cause en 2022, lors de l’accord du 24 février. Depuis les élections, le Maroc a connu une flambée des prix sans précédent. Du coup, ce n’est plus évident pour les fonctionnaires et les Marocains en général. Les 1 500 DH de plus promis par le chef du gouvernement ne sont plus suffisants, d’où notre revendication d’augmenter les salaires de 3 000 dirhams nets.Fatim-Zahra Belline, membre du comité de communication du SII
Les infirmiers se sentent d’autant plus lésés que d’autres corps de métier du secteur de la santé, notamment les médecins, ont bénéficié d’accords salariaux plus favorables en 2022. Cette disparité dans la gestion des carrières et des rémunérations renforce le sentiment d’injustice au sein des centres hospitaliers.
Vers une paralysie prolongée du système de santé
Photo: ecoactu.ma
La tension ne semble pas prête de retomber. Au-delà de la journée de grève de ce 9 janvier, le secteur se prépare à une escalade plus importante. Selon Ecoactu.ma, une nouvelle menace de paralysie plane sur le royaume avec l’annonce d’un arrêt de travail de trois jours prévu pour la fin du mois.
Les dates retenues pour cette prochaine séquence de protestation sont les 26, 27 et 28 mars. Cette stratégie du durcissement vise à contraindre le ministère de la Santé à rouvrir des négociations sur plusieurs points critiques :
L’amélioration des conditions de promotion professionnelle.
La suppression définitive des quotas de promotion.
La création d’un cadre de santé supérieur.
L’octroi de compensations équitables pour les étudiants infirmiers en stage.
La généralisation de la couverture médicale, qui augmente mécaniquement la charge de travail dans les centres hospitaliers, rend la question des effectifs et de leur valorisation cruciale pour la pérennité du système. Le gouvernement, déjà sous pression budgétaire, devra décider s’il privilégie une approche conciliante ou s’il laisse le conflit s’enliser, au risque d’affecter directement la qualité des soins prodigués aux citoyens.