Le Maroc s’est hissé à la 22e place mondiale des destinations touristiques, accueillant 19,8 millions de visiteurs en 2025. Cette dynamique se confirme en 2026 avec 7,7 millions d’arrivées enregistrées à fin mai, portées par un retour massif des Marocains résidant à l’étranger et des investissements stratégiques massifs.
Une ascension fulgurante dans le classement de l’ONU Tourisme
Photo: Infomédiaire
La trajectoire du Royaume sur la scène internationale est désormais indéniable. Selon les données de Le Matin.ma, le pays occupe la 22e place mondiale en termes d’arrivées touristiques internationales, un bond de trois rangs en un an. Cette progression est encore plus spectaculaire si l’on compare la situation actuelle à celle de 2019, année où le Maroc se classait au 34e rang.
Cette montée en puissance ne concerne pas uniquement le volume de visiteurs, mais aussi la valeur générée par ces flux. Le pays a progressé de la 32e à la 31e place mondiale pour les revenus touristiques, atteignant 14,8 milliards de dollars.
Au premier trimestre 2026, la croissance des arrivées a atteint près de 7 %, une performance qui surpasse largement la moyenne mondiale de 2 % estimée par l’ONU Tourisme. Cette accélération est confirmée par les chiffres de Infomédiaire, qui rapporte que le Maroc a enregistré 7,7 millions d’arrivées touristiques à fin mai 2026, soit une hausse de 7 % par rapport à la même période en 2025. Le mois de mai 2026 a d’ailleurs été particulièrement intense avec 1,7 million de voyageurs, marquant un bond de 13 % sur un an.
L’impact économique de la diaspora et des transferts de fonds
Photo: Le Matin.ma
Le pilier de cette vitalité repose sur les Marocains résidant à l’étranger (MRE). Leur retour massif ne se traduit pas seulement par une affluence de voyageurs, mais par un soutien financier crucial à l’économie nationale.
Les données les plus récentes de l’Office des changes, relayées par Maroc.ma, montrent que les transferts de fonds effectués par les MRE ont atteint près de 39,98 milliards de dirhams à la fin du mois d’avril 2026. Cela représente une amélioration de 9,8 % par rapport à l’année précédente.
Indicateur (Fin avril 2026)
Valeur
Évolution annuelle
Transferts de fonds MRE
39,98 MMDH
+9,8 %
Solde de la balance “Voyages”
34,55 MMDH
+26,7 %
Recettes touristiques
44,39 MMDH
+21,2 %
Dépenses touristiques
9,84 MMDH
+5,4 %
Le solde positif de la balance “Voyages”, qui dépasse les 34,55 milliards de dirhams, témoigne de l’efficacité de ce flux : les recettes touristiques croissent beaucoup plus rapidement que les dépenses liées aux voyages. Parallèlement, si les investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 10,1 %, le flux net des investissements directs marocains à l’étranger (IDME) a bondi de 41,9 %, dépassant les 3,46 milliards de dirhams.
Infrastructures et gestion : les zones de friction
Le Maroc la destination touristique mondiale par excellence
Cette euphorie statistique n’est pas sans poser de sérieux défis logistiques. L’explosion de la demande met sous pression les infrastructures existantes. Les experts du secteur pointent notamment l’urgence de désengorger l’aéroport de Casablanca et appellent à une extension du réseau de trains à grande vitesse ainsi qu’à une multiplication des vols directs régionaux.
Au-delà de la logistique, la qualité de l’expérience visiteur est menacée par des dérives structurelles. Le secteur informel, incluant des guides illégaux et de faux agents de voyages, ainsi que le chaos dans certains transports publics, nuisent à l’image de la destination.
Pour répondre à ces enjeux, les autorités ont mis en place de nouveaux outils de contrôle, tels que le mécanisme du « client mystère », afin d’inspecter rigoureusement la qualité des prestations. La stratégie nationale s’oriente désormais vers des segments à plus forte valeur ajoutée, tels que l’écologie, le golf et le tourisme d’affaires, pour attirer une clientèle disposant d’un pouvoir d’achat élevé.
Cap sur l’horizon 2030
Tous les indicateurs convergent vers un objectif de long terme : la co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Cette échéance impose une accélération des investissements amorcée par la feuille de route de 2023, visant à renforcer la connectivité aérienne et les capacités d’hébergement.
Ces résultats illustrent la pertinence de la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le développement du secteur. Ils constituent également un encouragement à poursuivre les efforts engagés afin d’ancrer durablement le Maroc parmi les grandes destinations touristiques mondiales à l’horizon 2030.
Photo: Bladi.net
Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, via Le Matin.ma
Le défi des prochaines années sera de transformer cette croissance quantitative en un développement qualitatif et durable, capable de supporter l’afflux massif de visiteurs attendu pour la prochaine décennie.