Des frappes de drones russes ont touché le rail ukrainien et un train international à destination de Varsovie près de la frontière polonaise, manquant de peu de toucher des anciens dirigeants européens et des conseillers de l’Union européenne présents sur place, dans un contexte d’escalade des tensions frontalières.
L’attaque du train Kiev-Varsovie et les menaces sur le réseau ferroviaire
La compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia a déclenché une alerte générale pour annoncer qu’une attaque systémique sur le rail était en cours à travers le pays. Cette offensive aérienne s’est matérialisée par un impact direct de drone sur la locomotive d’un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie.
L’attaque s’est produite à environ deux kilomètres de la frontière polonaise, dans la région de Volhynie. Le train transportait précisément 206 passagers selon la compagnie polonaise PKP Intercity. Aucun passager n’a été blessé lors de cet impact, et le convoi a pu poursuivre sa route vers la capitale polonaise après les formalités douanières, malgré un retard dépassant les six heures.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un acte prémédité, affirmant que Moscou avait délibérément
frappé le train de voyageurs. De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir visé des infrastructures ferroviaires servant à acheminer des cargaisons militaires depuis l’Europe, sans mentionner explicitement le convoi civil.
Boris Johnson et l’ancien chef de la CIA David Petraeus présents dans une gare de l’ouest ukrainien
L’opérateur ukrainien a révélé qu’un train diplomatique transportant notamment l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et des conseillers en sécurité de plusieurs États membres de l’Union européenne se trouvait dans la gare de Yagodyn peu avant l’explosion.

Dans un autre train stationné dans la même gare au moment précis de l’attaque se trouvait l’ancien directeur de la CIA David Petraeus. Le centre de surveillance ferroviaire avait repéré l’engin à l’avance, ce qui a permis de lancer un ordre d’évacuation une quinzaine de minutes avant l’impact et d’éviter un bilan humain tragique parmi les personnalités et les voyageurs présents.
Réactions alarmées à Varsovie et escalade des tensions diplomatiques
Face à ces incidents survenant à la frontière de l’Otan, le Premier ministre polonais Donald Tusk a immédiatement présidé une réunion de crise. Il a mis en garde contre une intensification des actions russes dans les semaines à venir, soulignant que son gouvernement ne pouvait pas exclure que cette escalade ne finisse par toucher le territoire polonais.

Le ministre polonais de l’Intérieur, Marcin Kierwinski, a confirmé qu’un autre drone avait touché les environs immédiats du poste-frontière de Dorohusk-Yagodyn, précisant que les autorités traitent l’incident avec le plus grand sérieux. En visite à Kiev, le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a résumé le climat sécuritaire en déclarant que la terreur russe ne faisait pas que frapper à la porte, mais qu’elle était à l’intérieur de la maison.
Bilan humain des frappes nocturnes et frappe meurtrière à Pavlograd
Ces attaques ferroviaires s’inscrivent dans une vague de bombardements plus large à travers le pays. Dans la ville de Pavlograd, située dans le centre-est du pays, une frappe russe en plein jour sur un centre commercial a causé la mort de cinq personnes et fait 67 blessés, parmi lesquels huit enfants, selon les chiffres actualisés du gouverneur régional Oleksandre Ganja et du ministre de l’Intérieur Ivan Vygivsky.
Parallèlement, la capitale ukrainienne a également subi des tirs de missiles nocturnes.
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