L’accès à la nourriture critique dans le Pacifique selon World Vision

Une nouvelle enquête de World Vision révèle que les familles de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Salomon doivent travailler plus de quatre jours pour acquérir un panier de dix denrées alimentaires de base, contre seulement un peu plus de deux heures pour un Néo-Zélandais moyen, illustrant les profondes disparités mondiales d’accès à la nourriture.

Les inégalités mondiales d’accès à l’alimentation atteignent des sommets alarmants. Un rapport publié par World Vision met en lumière le coût exorbitant des produits de base dans plusieurs nations du Pacifique et dans les régions touchées par des crises. Alors que la Nouvelle-Zélande figure parmi les dix pays les plus abordables de l’analyse, ses voisins insulaires font face à une réalité financière radicalement différente.

L’organisation humanitaire a examiné le coût de dix produits de première nécessité — le riz, la farine de blé, les œufs, le lait, l’huile de cuisson, le poulet, les bananes, le sucre brut, le maïs et les tomates — en comparant ces prix aux revenus moyens dans 62 pays. L’étude montre qu’en Nouvelle-Zélande, il suffit de 2,2 heures de travail pour s’offrir ce panier. En revanche, le travail requis atteint 4,1 jours en Papouasie-Nouvelle-Guinée et 4,4 jours aux Îles Salomon.

L'accès à la nourriture critique dans le Pacifique selon World Vision
Photo : PMN

Les répercussions de la hausse des prix sur l’alimentation infantile

Lorsque le coût de la nourriture s’envole par rapport aux salaires, les ménages procèdent à des arbitrages douloureux. Stephen Court, directeur des partenariats internationaux pour World Vision New Zealand, souligne que les parents réduisent les quantités ou modifient la composition des repas servis à leurs enfants.

Et quand la nourriture coûte si cher, les parents n’arrêtent pas de nourrir leurs enfants, ils les nourrissent moins, ou différemment. La viande disparaît en premier, puis les légumes et les fruits, et ensuite, lentement mais sûrement, les enfants s’engagent sur la voie de la faim, de la malnutrition et du retard de croissance, ce qui peut avoir des impacts durables. En Papouasie-Nouvelle-Guinée seulement, près de la moitié des enfants souffrent d’un retard de croissance.

Stephen Court, directeur des partenariats internationaux de World Vision New Zealand

Les difficultés d’approvisionnement dans le Pacifique s’expliquent en grande partie par les répercussions des bouleversements climatiques. Les modifications environnementales endommagent les sols, favorisant la montée du sel dans les terres arables et épuisant les stocks de poissons traditionnels. Pour les communautés isolées qui dépendent de ce qu’elles cultivent, la transition vers des denrées importées alourdit considérablement la facture en raison du transport et du carburant.

La pauvreté touche les communautés du Pacifique

Si la Nouvelle-Zélande bénéficie d’une accessibilité globale favorable et d’une inflation alimentaire annuelle modérée à 1,9 pour cent selon PMN, des poches de pauvreté sévère persistent au sein même du pays. Les défis économiques touchent particulièrement les communautés du Pacifique vivant sur le territoire néo-zélandais.

Indicateur d’insécurité alimentaireDonnée mesurée
Temps de travail pour un panier de base en Nouvelle-Zélande2,2 heures
Temps de travail en Papouasie-Nouvelle-Guinée4,1 jours
Temps de travail aux Îles Salomon4,4 jours
Temps de travail dans le pays le moins abordable (Centrafrique)30,1 jours
Part des foyers du Pacifique en situation d’insécurité alimentaire en Nouvelle-Zélande59 pour cent
Enfants concernés par la faim régulière à South Auckland42 pour cent

Les réponses institutionnelles et les plans d’investissement

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a officialisé de nouveaux plans nationaux d’investissement agricole pour les États fédérés de Micronésie, les Îles Marshall et Tuvalu.

Ces initiatives visent à consolider la sécurité alimentaire et à stimuler la résilience climatique, en portant une attention particulière aux jeunes et aux femmes. Du côté de l’agence onusienne, le coordinateur sous-régional pour les îles du Pacifique insiste sur la nature des mesures à entreprendre.

L’appropriation locale, les partenariats solides et l’action coordonnée seront essentiels au succès de ces plans d’investissement.

Guangzhou Qu, coordinateur sous-régional de la FAO pour les îles du Pacifique

À l’échelle internationale, la situation varie de manière abrupte selon les zones de conflit et les chocs climatiques. Le rapport de World Vision indique que le coût du panier alimentaire de base a progressé dans une large majorité des pays suivis, atteignant des hausses spectaculaires dans les régions en proie à des crises géopolitiques et monétaires, tandis que les organisations humanitaires réitèrent leurs appels en faveur de politiques de protection sociale élargies et d’une agriculture adaptée au climat.

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