France et Allemagne assouplissent la fin des moteurs thermiques

La France et l’Allemagne sont parvenues à un accord en octobre 2026 pour assouplir la transition vers les véhicules électriques et imposer des critères stricts de production européenne. Ce compromis franco-allemand vise à protéger l’industrie automobile face à la concurrence asiatique tout en maintenant l’objectif de réduction des émissions pour 2035.

L’horizon de 2035 pour la fin des moteurs thermiques ne sera plus aussi rigide que prévu à l’origine par la Commission européenne. Paris et Berlin ont scellé un terrain d’entente qui réduit la baisse des émissions de dioxyde de carbone de 100 % à 90 %, tout en supprimant l’obligation de compenser le pourcentage restant par des mécanismes de crédit, selon les informations rapportées par EFE – Agencia de noticias. Cette inflexion répond directement aux pressions exercées par les constructeurs allemands et aux difficultés d’un marché en pleine mutation.

Le compromis sur les objectifs climatiques et la fin du 100 %

La règle initiale imposait l’absence totale d’émissions d’ici la prochaine décennie. Le texte négocié fixe désormais la cible à 90 % de réduction de CO₂ pour les voitures neuves à l’horizon 2035, sans exiger de compensation pour les 10 % résiduels, ainsi que le détaille DW. Cette flexibilité réglementaire permettra aux constructeurs de continuer à commercialiser des motorisations hybrides ou à combustion sous certaines conditions de flotte.

Thermiques après 2035 : la France et l’Allemagne veulent assouplir les règles européennes

Du côté de la France, le soutien à ce projet s’est traduit par l’acceptation de ces assouplissements en échange de la consécration du concept de préférence européenne, un principe cher à Paris pour privilégier la production locale et endiguer la dépendance envers les importations, comme le précise EFE – Agencia de noticias. Les dirigeants des deux pays ont souligné la nécessité d’une feuille de route ambitieuse mais réaliste.

Les gouvernements français et allemand ont déclaré dans une déclaration conjointe : « Notre cap n’a pas changé : réduire significativement les émissions de CO2 et renforcer la capacité de l’Europe à développer et produire la prochaine génération de véhicules électriques », selon EFE.

Dos autos pasan. A lo lejos, edificio de Volkswagen
Photo : DW

L’exigence du label et l’ombre de la concurrence asiatique

L’accord intègre également des critères renforcés pour l’attribution des aides publiques et des subventions, qui devront privilégier les composants et les batteries fabriqués au sein de l’Union européenne. Le texte ouvre toutefois la participation à des pays tiers sous condition de stricte réciprocité, incluant potentiellement des partenaires comme le Royaume-Uni ou la Norvège.

Les réactions dans l’industrie n’ont pas tardé. Lors du Salon de l’automobile de Paris, le président français Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de doter l’Europe d’instruments de défense commerciale adaptés. Nous sommes en train de finaliser un accord avec nos partenaires allemands pour que l’Europe puisse avancer et mieux protéger notre industrie, a-t-il déclaré. De son côté, le PDG du groupe Volkswagen, Oliver Blume, a estimé que ce consensus donnerait le cap indispensable aux constructeurs, tout en réclamant un développement parallèle des infrastructures de recharge.

Alemania pide a la UE aplazar el fin de los motores de combustión

Les incertitudes et l’avenir de la ratification européenne

Malgré l’avancée politique entre Paris et Berlin, le texte doit encore franchir l’étape des négociations au sein du Conseil de l’Union européenne et du Parlement européen, où les équilibres politiques s’annoncent délicats. Des voix discordantes se font déjà entendre, à l’instar de certains gouvernements qui craignent les répercussions de ces règles sur les investissements étrangers, ou de la part de secteurs énergétiques inquiets pour la rentabilité des réseaux de recharge.

Les discussions se poursuivent donc à Bruxelles pour harmoniser les exigences de l’accélérateur industriel européen et fixer le calendrier exact des votes institutionnels prévus pour les prochaines semaines.

France et Allemagne assouplissent la fin des moteurs thermiques
Photo : Infobae

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