Le 29 juillet 2026, l’Ukraine a frappé les raffineries de Perm et de Riazan ainsi qu’une base de vedettes de la flotte russe en Crimée. Ces frappes s’inscrivent dans une offensive élargie visant les infrastructures énergétiques et la « flotte fantôme » russe pour asphyxier la logistique militaire et les revenus pétroliers de Moscou.
L’armée ukrainienne a intensifié ses frappes en profondeur le 29 juillet 2026, ciblant simultanément des centres de raffinage et des actifs navals. Selon le général d’état-major ukrainien, les opérations ont touché la base de vedettes de la flotte russe dans la zone de Mezhvodnoe, en Crimée, un site dédié à l’entretien et au ravitaillement des navires de patrouille et de soutien logistique.
Raffineries de Perm et Riazan : des frappes de précision
Le secteur énergétique russe a subi deux coups majeurs ce mercredi. À Perm, une attaque a visé la raffinerie « Lukoil-Permnefteorgsintez ». Si le gouverneur Dmitri Makhonin a affirmé que plusieurs drones ont été abattus sans faire de victimes, des analyses d’images réalisées par le média Astra indiquent que l’installation de raffinage primaire AVT-5 a été endommagée, provoquant d’épaisses colonnes de fumée noire.

Cette infrastructure est cruciale : elle figure parmi les dix plus grandes raffineries de Russie et se classe deuxième en capacité de production au sein du groupe Lukoil.
Parallèlement, la raffinerie de Riazan a été frappée. Le gouverneur de la région de Riazan, Pavel Malkov, a rapporté que des débris de drones abattus ont causé des incendies dans des zones industrielles, entraînant l’hospitalisation de six personnes.
« La Russie doit sentir que chaque jour de cette guerre lui coûtera plus cher » Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine
Le président Zelensky a décrit ces attaques comme la poursuite de sanctions à longue portée.
La « flotte fantôme » et le siège logistique de la Crimée
Au-delà des raffineries, Kiev mène une campagne d’usure contre les navires permettant à Moscou de contourner les sanctions internationales. Les forces ukrainiennes ont lancé une offensive le 6 juillet visant la flotte fantôme en mer Noire et en mer d’Azov. Selon Les Echos, Kiev affirme avoir frappé environ 180 navires en deux semaines, contre une trentaine touchés par la Russie.
L’impact sur le ravitaillement de la Crimée est concret. Le commandant des unités de drones ukrainiennes, Robert « Madyar » Brovdi, a rapporté que 35 pétroliers, cargos et navires spéciaux ont été touchés en 96 heures autour du 9 juillet 2026.
Cette pression logistique crée une pénurie visible. Mikhaïl Razvozhayev, gouverneur russe de Sébastopol, a admis que la capitale régionale ne reçoit en moyenne qu’un tiers de ses besoins quotidiens en carburant, malgré un « effort colossal » de l’armée pour ravitailler la péninsule.
Dégâts collatéraux et cibles civiles
Les opérations de drones ont également touché des infrastructures non militaires. À Riazan, le centre logistique et de tri de l’entreprise Wildberries, situé dans le parc industriel « Riazanski », a été identifié comme l’une des cibles selon Astra.

Le 19 juillet, un navire marchand turc battant pavillon de la Guinée-Bissau, transportant des céréales, a été frappé par trois missiles de croisière russes alors qu’il quittait la zone de combat. La marine ukrainienne a rapporté la mort de six marins, précisant que le navire ne présentait absolument aucune menace militaire.
Chronologie des pertes industrielles russes
La raffinerie de Perm n’est pas un cas isolé. Elle est la septième grande installation russe à cesser ses activités suite à des attaques de drones depuis le début du mois de juillet. Les interruptions suivent un rythme soutenu :

- 2 juillet : Nijegorodnefteorgsintez (Lukoil)
- 6 juillet : Raffinerie d’Omsk (la plus grande de Russie, représentant 10 % de la capacité nationale)
- 8 juillet : Raffinerie de Saratov
- 12 juillet : Raffinerie de Sizran (Rosneft)
- 14 juillet : Gazpromneftekhim Salavat
- 25 juillet : Raffinerie de Tioumen
Les autorités ont annoncé l’arrêt total de l’installation, les dégâts étant jugés trop importants pour permettre la poursuite de l’activité.
L’objectif stratégique, selon Serhii Kuzan du Centre ukrainien de sécurité et de coopération (USCC), est d’affaiblir la logistique ennemie pour que la Crimée cesse d’être une base arrière pour les forces russes du sud.
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