La population de l’Éthiopie dépasse 130 millions d’habitants, faisant de ce pays le plus peuplé au monde sans accès direct à la mer. Le 24 octobre 2026, le Premier ministre Abiy Ahmed a qualifié cette situation d’enjeu existentiel, tandis que 97 % du commerce extérieur éthiopien dépend actuellement des infrastructures de Djibouti.
Le débat sur la souveraineté maritime de l’Éthiopie s’est intensifié au mois d’octobre 2026, mêlant des pressions économiques mesurables à des tensions géopolitiques dans la Corne de l’Afrique. Alors que le pays entame un nouveau cycle politique sous la bannière du gouvernement Medemer, les autorités rappellent que la dépendance commerciale vis-à-vis d’un seul voisin fragilise l’ensemble des chaînes d’approvisionnement nationales.
Le poids économique de la dépendance portuaire à Djibouti
Pour acheminer ses marchandises, l’économie éthiopienne repose presque entièrement sur un unique couloir maritime. Durant l’exercice budgétaire 2025-2026, Djibouti a traité près de 97 pour cent des cargaisons d’importation et d’exportation par voie maritime de l’Éthiopie, ce qui représente environ 17,5 millions de tonnes de fret. Cette concentration extrême expose les acteurs économiques éthiopiens aux perturbations de corridor, aux congestions portuaires et aux variations tarifaires.
La répartition terrestre de ce volume accentue la vulnérabilité logistique du pays.
Le forum de Bahir Dar et les déclarations du Premier ministre Abiy Ahmed
S’exprimant le 24 octobre 2026 lors de la 12e édition de la Tana High-Level Forum on Security in Africa tenue à Bahir Dar, le Premier ministre Abiy Ahmed a replacé la question de l’accès à la mer au centre des priorités stratégiques de son administration selon Fana Media Corporation. Le dirigeant éthiopien a insisté sur la nécessité de planifier l’avenir des générations futures en sr affranchissant des contraintes géographiques actuelles.
Pour un pays de plus de 130 millions d’habitants, l’accès à la mer est inséparable de la sécurité à long terme, de la souveraineté et des perspectives des générations futures.

Cette prise de position fait suite à son investiture du 5 octobre 2026 devant le septième parlement, où le cabinet a été officiellement désigné sous le nom de gouvernement Medemer. Le chef de l’exécutif éthiopien maintient une ligne diplomatique axée sur le principe du donnant-donnant et la négociation pacifique, se distanciant de toute velléité d’affrontement militaire direct.
La coopération navale régionale et les ateliers de recherche et de sauvetage à Addis-Abeba
Parallèlement aux déclarations diplomatiques, l’Éthiopie développe des partenariats opérationnels avec les autorités côtières de la région. Fin octobre 2026, Addis-Abeba a accueilli un atelier de quatre jours consacré à la sécurité maritime, à la recherche et au sauvetage, ainsi qu’au partage d’informations. Des commandants de marine et des représentants du Yémen, d’Oman, de Djibouti, du Somaliland et du Pountland y ont pris part aux côtés de la marine éthiopienne d’après les informations diffusées par l’Addis Media Network.
Cette initiative, organisée avec le soutien de l’Union européenne, démontre la volonté d’Addis-Abeba de tisser des liens professionnels avec les riverains de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Le gouvernement fédéral de Somalie n’apparaît toutefois pas sur la liste des participants, laissant subsister des incertitudes diplomatiques persistantes dans la zone.
Les avertissements de l’agence de renseignement face à la militarisation de la mer Rouge
La multiplication des acteurs extérieurs et la montée des tensions maritimes préoccupent l’appareil de sécurité éthiopien. Le directeur général du Service national du renseignement et de la sécurité (NISS), Redwan Hussen, a publiquement mis en garde contre les risques sécuritaires liés à la militarisation croissante de la mer Rouge et à l’ingérence des puissances étrangères ainsi que l’a relayé Hiiraan Online.
Selon les analyses exprimées lors de ces tribunes régionales, la position géographique de l’Éthiopie — située à peine à 60 kilomètres de la mer Rouge — rend inacceptable son exclusion permanente des affaires maritimes, d’autant que le trafic international subit des menaces récurrentes liées à la piraterie et aux conflits adjacents. Les observateurs s’accordent à dire que la réussite de cette diplomatie dépendra de la capacité d’Addis-Abeba à concilier ses aspirations commerciales légitimes avec le respect de l’intégrité territoriale de ses voisins.
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