Le Sénat du Brésil approuvé la réforme de sécurité de Lula

Le Sénat du Brésil a approuvé le 3 novembre 2026 une réforme constitutionnelle majeure portée par le président Luiz Inácio Lula da Silva pour muscler la lutte contre le crime organisé, créant un nouveau ministère de la Sécurité et un encadrement pénal durci pour les factions armées.

Une adoption écrasante au Sénat

La proposition d’amendement constitutionnel, connue comme la PEC de la Sécurité publique, a recueilli 73 voix favorables au premier tour et 75 au second, sans le moindre vote contre au sein de la chambre haute, d’après les informations diffusées par l’Agencia Senado reprises par Prensa Latina. Le texte était attendu depuis avril 2025, date de son envoi initial au Congrès par l’exécutif, avant un premier feu vert de la Chambre des députés en mars dernier.

Cette victoire institutionnelle intervient peu de temps après la réélection de Lula au second tour du 25 octobre face au sénateur Flávio Bolsonaro, selon les rapports de l’AFP publiés par DW. La question de l’insécurité figurait au cœur des préoccupations exprimées par les citoyens lors des sondages et des débats de campagne, ce qui fait de ce texte l’un des piliers programmatiques du quatrième mandat présidentiel.

Le Sénat du Brésil approuvé la réforme de sécurité de Lula
Photo : prensa-latina.cu

Création du Système unifié de sécurité publique

La réforme intègre formellement dans la Constitution le Système unifié de sécurité publique, désigné sous l’acronyme SUSP, afin d’harmoniser les efforts entre l’État fédéral, les États fédérés, le District Federal et les municipalités. L’objectif consiste à intensifier le partage de renseignements et à coordonner les actions répressives à l’échelle nationale.

Le dispositif octroie également de nouvelles prérogatives à la police fédérale des routes pour patrouiller sur les voies navigables et les chemins de fer, tout en ouvrant la voie à la mise en place de polices municipales de nature civile dédiées à la proximité urbaine, comme le détaille Democrata. Le budget alloué au secteur bénéficie par ailleurs d’une garantie de financement accrue par le biais de fonds nationaux.

Un régime carcéral renforcé contre les factions

Les bandes armées et structures paramilitaires qui dominent certains secteurs urbains, à l’instar des favelas de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, sont directement visées par des mesures punitives accrues. Le texte soumet les chefs et membres de ces organisations à l’incarcération dans des établissements de haute sécurité ainsi qu’à la saisie de leurs biens.

Le Sénat du Brésil approuvé la réforme de sécurité de Lula
Photo : unitel.bo

Les sources rappellent que les États-Unis ont classé cette même année le Comando Vermelho et le Primeiro Comando da Capital parmi les organisations terroristes, une démarche qui a suscité l’opposition de Lula en raison d’éventuelles répercussions sur la souveraineté nationale, alors que l’ancien front sécuritaire a été marqué par une intervention policière d’une ampleur inédite dans les favelas cariocas un an auparavant.

L’abaissement de la majorité pénale écarté du texte

Afin de préserver l’adoption de la réforme principale, les sénateurs ont voté par 38 voix contre 36 la dissociation de deux amendements distincts relatifs à la baisse de la majorité pénale, maintenue à 18 ans. L’opposition, emmenée par le sénateur Rogerio Marinho du Parti libéral, souhaitait abaisser ce seuil à 16 ans en général et à 14 ans pour les infractions graves, tandis qu’une autre initiative portée par le sénateur Camilo Santana du Parti des travailleurs ciblait exclusivement les crimes considérés comme odieux à partir de 16 ans.

Le Sénat du Brésil approuvé la réforme de sécurité de Lula
Photo : eleconomista.com.mx

Ces propositions feront l’objet d’un examen parlementaire séparé selon un calendrier accéléré promis par le président du Sénat, Davi Alcolumbre, tandis que la PEC validée est désormais transmise au Congrès pour sa promulgation définitive.

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