L’État du Sarawak, en Malaisie, suffoque sous sa pire brume transfrontalière depuis 2019. L’indice de pollution de l’air a atteint des niveaux dangereux, entraînant la fermeture de centaines d’écoles, l’annulation de festivités nationales et des opérations d’ensemencement des nuages menées d’urgence par les autorités.
La situation sanitaire et environnementale s’est nettement détériorée dans l’île de Bornéo.
Un Indice de Pollution Critique et des Fermetures d’Écoles en Série
L’air est devenu irrespirable dans plusieurs districts, poussant les autorités à prendre des mesures d’urgence.
Face à la persistance de cette chape de fumée toxique, un total de 647 écoles réparties sur 12 districts, incluant la capitale régionale Kuching et Serian, ont fermé leurs portes pour une durée de cinq jours. La mesure vise à protéger les élèves alors que le directeur de l’éducation du Sarawak, Omar Mahli, a souligné que les conditions n’avaient guère évolué durant la pause scolaire.
Sur la base de notre suivi pendant les vacances scolaires cette semaine, la situation de la brume n’a clairement pas beaucoup changé. Omar Mahli, directeur de l’éducation du Sarawak
L’Impact sur la Vie Quotidienne et l’Alerte Sanitaire au Sarawak
Pour les habitants, cette crise réveille des souvenirs douloureux. Les autorités sanitaires ont relevé une recrudescence des affections respiratoires, recensant 1,811 cas d’asthme entre le 23 et le 29 août, soit une multiplication par huit par rapport à la semaine précédente, d’après les données du ministère malaisien de la Santé analysées par The Straits Times.
Dans les rues de Kuching, la visibilité est réduite et l’odeur de brûlé domine. Veronica Chew, une éleveuse de porcs âgée de 62 ans, témoigne de la dégradation rapide de l’atmosphère : Mon purificateur d’air affichait un API de 124 à 6 heures du matin le 29 août. Le soir, il était à 405. La visibilité était mauvaise et l’air que je respirais avait une odeur de brûlé.
De son côté, Kenny Boon, un habitant de Kuching aujourd’hui âgé de 40 ans, fait un parallèle amer avec la crise historique de septembre 1997, où l’API avait culminé à un pic dramatique de 860. Il se rappelle avoir été assigné à résidence à l’âge de onze ans, une situation que reviennent vivre les jeunes générations actuelles.
Annulations Officielles et Opérations d’Ensemencement des Nuages
La gravité de la situation a contraint le gouvernement à modifier ses agendas officiels. Le Premier ministre Anwar Ibrahim a dû délocaliser son allocution de la Fête nationale, initialement prévue en plein air sur la Place Merdeka à Kuala Lumpur, pour l’abriter au Centre international de convention de Putrajaya. Au Sarawak, le Premier ministre de l’État Abang Johari Tun Openg a purement et simplement annulé les festivités prévues dans la ville de Kapit.
Pour tenter de dissiper la brume et de réalimenter les réserves d’eau des barrages en baisse, le gouvernement fédéral déploie des moyens aériens. Le vice-Premier ministre Zahid Hamidi a confirmé l’autorisation accordée par l’Indonésie pour que des actifs aériens pénètrent dans son espace aérien afin de mener des opérations de modification artificialisée du temps.
Le gouvernement a reçu l’approbation écrite du gouvernement indonésien permettant aux actifs aériens d’entrer dans l’espace aérien de la république pour des opérations d’ensemencement des nuages. Zahid Hamidi, vice-Premier ministre de la Malaisie
Ces opérations, menées conjointement par le Département météorologique de Malaisie (MetMalaysia) et l’Armée de l’air royale malaisienne, ciblent en priorité les bassins versants des barrages de Bengoh et de Batang Ai tout en espérant atténuer la pollution dans la région de Kuching, où les vents continuent de propager les fumées en provenance de plus de 1 000 foyers d’incendie actifs recensés dans le nord du Kalimantan.
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