Des chercheurs reconstituent le tracé historique de la Tisa via l’IA

Des chercheurs de l’université Loránd-Etvös (ELTE) à Budapest ont utilisé des cartes historiques, des photographies aériennes et l’intelligence artificielle pour reconstituer l’aspect de la Grande plaine hongroise et du cours de la Tisa il y a deux cents ans, selon Unian.

La transformation du cours de la Tisa

Avant les grands travaux de régulation menés au XIXe siècle sous la monarchie des Habsbourg, la Tisa présentait un tracé sinueux doté de nombreux méandres et de bras secondaires, d’après Unian.

Des travaux ont entraîné l’assèchement des marais. La Tisa présentait alors des bras secondaires et des tourbières à travers toute la Grande plaine hongroise.

Les autorités ont entrepris de rectifier le lit de la rivière. C’était pour exploiter une surface de 35 à 40 mille kilomètres carrés soumise aux inondations périodiques.

Les autorités ont aussi asséché les zones marécageuses afin de libérer des terres pour l’agriculture, rapporte Unian. La région subissait des crues fréquentes qui alimentaient des plaines inondables et diverses zones humides.

Ces aménagements ont radicalement réduit la longueur des cours d’eau.

La Tisa est ainsi passée de 1 211 à 758 kilomètres. La rivière Kérés et ses bras ont vu leur longueur diminuer de 1 041 à 462 kilomètres, d’après les données relayées par Unian.

Les inondations régulières ont cessé. La proportion des forêts est tombée de 37 % à moins de 1 % de la surface totale de la plaine.

La superficie des prairies inondables et des marais a chuté de 44 % pour ne représenter plus que 3 à 6 %, selon la même source.

L’apport de l’intelligence artificielle en recherche historique

L’équipe de l’université ELTE n’a pas seulement eu recours à des requêtes textuelles simples auprès des modèles d’intelligence artificielle. Les chercheurs ont injecté un volume important de données scientifiques pour garantir une topographie rigoureuse, indique Unian.

Les chercheurs ont croisé des cartes anciennes avec des clichés contemporains par drone. Ils ont aussi utilisé des inventaires floristiques historiques, ainsi que des analyses de pollen, de charbon de bois et de macrofossiles.

Cette méthode permet d’obtenir des représentations visuelles fidèles qui font apparaître des corrélations difficiles à percevoir à la seule lecture de textes et de tableaux, d’après Unian.

Les scientifiques estiment que cette approche peut également servir à anticiper les impacts de la restauration des zones humides face aux tendances d’aridification des paysages.

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