Des missiles balistiques et des drones lancés par les rebelles houthis du Yémen ont visé samedi une raffinerie d’Aramco au sud de Riyad, alors que la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et la mainmise houthie sur le détroit de Bab el-Mandeb font planer une menace critique sur l’approvisionnement pétrolier mondial.
Les rebelles houthis du Yémen ont mené samedi 3 octobre 2026 une attaque directe contre une installation du géant pétrolier saoudien Saudi Aramco située au sud de Riyad. L’opération a mobilisé plusieurs missiles balistiques et drones
et provoqué un incendie sur le site visé, d’après les informations rapportées par l’agence les autorités houthies et la presse internationale.
Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a déclaré que Téhéran souhaitait la fin du conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Parallèlement, l’amiral Brad Cooper, commandant du commandement central américain, a indiqué que les forces américaines ont escorté plus de 2 000 navires commerciaux tout en maintenant à zéro les exportations de pétrole brut de l’Iran.

Riyad dément l’attaque malgré les alertes et les détonations dans la capitale
Par la voix du général Turki al-Malki, Riyad a qualifié les revendications houthies de trompeuses
dans une déclaration au journal Asharq Al-Awsat, relayée par la presse régionale. La défense civile saoudienne avait pourtant émis dès la veille des messages d’alerte sur les téléphones portables, prévenant d’un danger imminent d’attaques aériennes au-dessus de la capitale et de la localité voisine d’Al-Kharj, avant de lever le signal d’alerte le samedi matin.
Des témoins et journalistes sur place dans le quartier d’Olaya à Riyad ont rapporté avoir entendu des détonations avant la levée de l’alerte. Les images diffusées par les agences ont montré une immense colonne de fumée noire s’élevant à proximité de l’aéroport international King Khalid, tandis que l’Arabie saoudite a affirmé avoir détruit un missile intercepté au-dessus de la capitale et avoir déjoué d’autres tirs dirigés vers Bish, Farasan, Taif et Yanbu, selon le suivi des hostilités.
Le pétrole dépasse les 100 dollars sur fond de blocage des détroits
Le cours du pétrole brut dépasse la barre des 100 dollars le baril, pénalisé par la fermeture continue du détroit d’Ormuz — verrouillé par l’Iran fin février en réaction aux frappes israélo-américaines — et par le contrôle exercé par les Houthis sur le détroit de Bab el-Mandeb, ainsi qu’indiqué par la couverture économique des événements.
La compagnie nationale Saudi Aramco a prévenu ses clients européens qu’ils ne recevraient pas de brut le mois prochain à la suite des attaques visant son oléoduc Est-Ouest. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU a alerté sur une crise de la faim au Yémen menaçant de devenir absolument dévastatrice
, les récentes données de l’agence onusienne montrant que 74 pour cent de la population subit de plein fouet les répercussions de ces combats intensifiés.

Téhéran pose ses conditions et Washington examine ses options
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a réitéré que le détroit d’Ormuz ne rouvrira pas tant que les sept conditions fixées par Téhéran ne seront pas satisfaites.
Des responsables américains ont indiqué qu’une réunion s’est tenue à Camp David autour du cabinet de Donald Trump pour examiner la situation au Yémen et en Iran. L’Iran affirme qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit,
a souligné un diplomate présent lors de ces échanges.
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