Le Kennedy Center a voté la fermeture de sa salle principale pour deux ans, le 15 septembre 2026, au moment même où un juge fédéral a bloqué une nouvelle tentative de la direction d’inscrire le nom de Donald Trump sur la façade de l’institution culturelle de Washington.
Une décision de fermeture immédiate sur fond de crise financière
Kennedy Center for the Performing Arts a voté la fermeture de la majeure partie du complexe pour une durée de deux ans lors d’une réunion organisée le 15 septembre 2026. Cette mesure intervient alors que les administrateurs ont averti ces derniers jours que les finances de l’institution se trouvent à quelques semaines d’une faillite potentielle et que le bâtiment présente des risques de sécurité.
Selon les informations rapportées par les sources proches du dossier, Donald Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que la fermeture prendrait effet immédiatement. Le président du conseil d’administration a affirmé que les travaux de rénovation ne débuteraient toutefois pas tant que la justice n’aurait pas tranché sur le nom du bâtiment.

Donald Trump a déclaré que la fermeture interviendrait immédiatement, mais que les travaux de rénovation et de reconstruction, qui constituaient un chantier très vaste et complexe, ne pourraient pas commencer avant que la Cour d’appel du circuit de D.C. ne se prononce sur le nom approuvé par le conseil d’administration, tout en ajoutant que si la décision s’avérait négative — ce qui ne devait pas être le cas — et qu’elle n’était pas annulée par la Cour suprême des États-Unis, la reconstruction et la rénovation du Kennedy Center n’auraient pas lieu.
L’établissement fonctionnait déjà au ralenti depuis plusieurs mois. Les ventes de billets ont chuté de manière drastique et de nombreux artistes de premier plan ont annulé leurs représentations, estimant que l’institution culturelle s’était trouvée politisée. Seule une extension récente, le REACH, ainsi que des programmes spécifiques comme l’Orchestre symphonique national, continueront d’assurer une activité partielle pendant la fermeture de la structure principale.
Le juge Christopher Cooper bloque la nouvelle inscription honorifique
Ce dernier a rejeté une nouvelle tentative de la direction pour associer le nom de Donald Trump au bâtiment de la structure fédérale.
En août, le conseil avait approuvé une résolution prévoyant d’apposer l’inscription Rénové et restauré par le président Donald J. Le magistrat a estimé dans sa décision écrite que cette initiative allait à l’encontre des ordonnances judiciaires précédentes et de la loi adoptée par le Congrès.
Christopher Cooper, juge de district des États-Unis, a déclaré qu’en fin de compte, les défendeurs ne pouvaient pas installer de mémorial pour le président Trump ou pour quiconque ou quoi que ce soit d’autre au Kennedy Center sans l’accord du Congrès, et que la résolution du conseil allait à l’encontre d’une ordonnance d’un tribunal fédéral ainsi que d’une loi promulguée par le Congrès.
Ce litige trouve son origine en décembre 2025, lorsque le conseil, remanié par l’administration, avait rebaptisé l’ensemble du complexe. Saisi d’une plainte déposée par la représentante démocrate de l’Ohio Joyce Beatty, membre ex officio du conseil, le juge Cooper avait ordonné en mai le retrait de la signalétique au motif que le Congrès seul détient l’autorité de nommer ce mémorial érigé en l’honneur du président John F. Kennedy.
Entre arguments de sécurité et bras de fer judiciaire
Les désaccords juridiques se doublent de visions diamétralement opposées sur la gestion et l’état du bâtiment. Des documents déposés par le gouvernement fédéral ont mis en avant un rapport d’un cabinet de consultants signalant des problèmes d’infrastructure pour justifier l’urgence d’une fermeture complète de deux ans.

Dans une autre démarche juridique menée par le ministère de la Justice, l’administration a averti que l’établissement risquait de se dégrader au point de devenir dangereux si les projets de restauration et de levée de fonds portés par Donald Trump ne pouvaient pas être mis en œuvre. Le ministère a même évoqué la possibilité théorique de devoir raser le bâtiment à terme pour le remplacer par un amphithéâtre extérieur si les fonds venaient à manquer.
De son côté, la députée Joyce Beatty a vigoureusement contesté ces justifications, affirmant que le complexe disposait de plans de longue date pour mener des rénovations par phases tout en maintenant une programmation artistique. Elle a accusé la direction de porter la responsabilité de la crise d’affluence et des départs d’artistes.
Joyce Beatty, représentante des États-Unis, a déclaré que cela était faux et constituait une violation de son obligation fiduciaire en tant qu’administrateur, ajoutant que le Congrès avait fondé le Kennedy Center comme un mémorial vivant dédié au président Kennedy et qu’elle était fière de défendre cette institution précieuse.
La levée effective de la fermeture décidée par le conseil d’administration reste subordonnée à une décision ultérieure du juge Cooper, qui doit examiner une requête du gouvernement visant à lever sa mesure conservatoire. La suite de ce dossier se jouera devant les instances d’appel de Washington, l’administration ayant annoncé son intention de porter l’affaire jusqu’à la Cour suprême des États-Unis si nécessaire.
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