Le Front syndical pour la défense du travail a mené une grève générale de 72 heures du 21 au 23 octobre 2026 au Sénégal pour exiger la baisse des prix et le respect des accords sociaux, au moment même où le pays s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar.
La grève paralyse transports et éducation
Les services publics, les transports et l’éducation ont subi des perturbations majeures lors de ce mouvement social orchestré par treize centrales syndicales regroupées au sein du Front syndical pour la défense du travail. Les grévistes réclament l’application stricte des protocoles d’accord signés avec l’État, une baisse générale des prix des denrées alimentaires de première nécessité, de l’eau, de l’électricité et des hydrocarbures, ainsi que la réintégration de travailleurs licenciés sans condition.
Dans les transports, le taux de participation des agents de la société publique a atteint près de 90 pour cent dans certains dépôts, malgré la présence de forces de l’ordre. Les tensions se sont cristallisées autour de la révision du Code du travail adoptée en septembre, qui permet aux employeurs de maintenir un salarié en contrat à durée déterminée pendant quatre ans. Les organisations syndicales exigent le plafonnement de ce délai à deux ans.
Nous ne reculerons pas. Le mot d’ordre de 72 heures de grève va s’opérer. Nous n’avons jamais refusé le dialogue. La balle est dans leur camp.
Mody Guiro, secrétaire général de la confédération nationale des travailleurs du Sénégal et président du FSDT, via Anadolu Ajansı
Le gouvernement réagit face aux préparatifs des Jeux
Face à la mobilisation, l’exécutif a vigoureusement réagi par la voix de ses ministres. Le ministère chargé du Travail et de la Fonction publique a brandi la menace de ponctions sur les salaires et de sanctions disciplinaires contre les agents grévistes.
Pour contrer la paralysie, le gouverneur de Dakar a procédé à des réquisitions de personnel, notamment dans les secteurs de l’électricité et des transports publics. Cette mesure a immédiatement suscité l’indignation des syndicats, qui y voient une tentative autoritaire de briser leur dynamique.
Les autorités ont insisté sur le calendrier délicat de ce conflit social, qui coïncide avec les préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026. Il s’agit du tout premier événement sportif olympique organisé sur le continent africain, avec environ 2 700 athlètes attendus.
Les syndicats et l’État divergent sur la suite
Au terme des trois jours de contestation, les syndicats et l’État affichent des lectures divergentes de la situation. Le FSDT revendique un taux de participation de 91 pour cent sur l’ensemble du territoire national.

Le mouvement n’a pas fait l’unanimité absolue au sein de toutes les organisations professionnelles. Le Sels Authentique, syndicat d’enseignants dirigé par Pape Marie Sylla, avait choisi de ne pas suivre le mot d’ordre, estimant le calendrier préjudiciable pour les élèves qui venaient de reprendre le chemin des classes.
De son côté, le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a souligné que le taux d’exécution des engagements gouvernementaux pris dans le cadre du pacte de stabilité sociale signé le 1er mai 2025 passera de 42 pour cent actuellement à 71 pour cent d’ici décembre.
Le gouvernement est ouvert au dialogue. Pas un dialogue stérile, mais un dialogue constructif pour apporter des réponses aux préoccupations des travailleurs.
Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, via APS
Le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a également mis en avant des avancées concrètes, annonçant la finalisation prochaine du recrutement de 2 500 agents, l’intégration de 1 111 agents issus de programmes sanitaires et l’engagement de 270 sages-femmes.
Malgré la fin de la grève le 23 octobre, la capacité des autorités à répondre aux urgences financières des ménages dépend-elle des arbitrages budgétaires ?
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