La découverte tragique de deux jeunes femmes à Thiès et à Podor les 24 et 25 octobre 2026 porte à treize le nombre de féminicides médiatisés recensés en dix mois au Sénégal, provoquant une vive indignation chez les organisations de défense des droits et des militants associatifs.
L’actualité nationale sénégalaise fait face à une nouvelle onde de choc après la mort violente de deux femmes survenue en un même week-end. À Thiès, Mame Diarra Sow, une coiffeuse âgée de 24 ans, a perdu la vie dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026 dans le quartier de Keur Massamba Guèye. Selon les informations rapportées par la presse, elle a été poignardée à mort par son compagnon, qui a été rapidement interpellé par la police.
Simultanément, dans la commune de Podor, le corps d’Aminata Sy a été retrouvé sans vie le dimanche 25 octobre 2026 dans le quartier Lao Demba. Élève en classe de terminale et âgée de seulement 17 ans, la victime avait été portée disparue depuis la veille. Son corps a été découvert ligoté dans un sac, son conjoint étant présenté par les forces de sécurité comme le principal suspect activement recherché. Une enquête judiciaire a été ouverte par la gendarmerie pour déterminer les circonstances exactes de ce drame.
WaxJotna exige la reconnaissance du féminicide et dénonce treize drames en dix mois
Ces deux affaires tragiques portent à treize le total des féminicides médiatisés recensés à travers le pays en l’espace de dix mois, selon le décompte du collectif féministe WaxJotna. Dans un communiqué publié le 26 octobre 2026, l’organisation a haussé le ton pour condamner ces violences et réclamer des mesures structurelles immédiates de la part des autorités publiques.

Le collectif demande que toute la lumière soit faite sur les conditions de ces décès survenus à quelques heures d’intervalle. Au-delà des poursuites judiciaires réclamées contre les auteurs, l’organisation plaide avec insistance pour la reconnaissance du féminicide comme crime spécifique dans le Code pénal sénégalais. Elle exige également la mise en place de données nationales fiables pour documenter et suivre l’évolution de ces crimes.
Seydi Gassama interpelle l’État sur la promesse présidentielle
La réaction des organisations sociales s’est rapidement élargie aux figures de la société civile. Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a publiquement interpellé l’État et l’ensemble de la société face à la gravité de cette recrudescence criminelle.

Le défenseur des droits humains a rappelé l’engagement pris par le président Bassirou Diomaye Faye lors de son message de fin d’année 2025 concernant la lutte contre les féminicides. Pour Amnesty International Sénégal, cet engagement politique doit impérativement se traduire par des actions concrètes sur le terrain afin de prévenir les agressions et d’assurer une protection effective aux femmes et aux filles.
Le défi persistant de la protection des femmes malgré le PAN VBG 2
Ces meurtres interviennent un peu plus d’un mois après la validation du deuxième Plan d’action national pour l’éradication des violences basées sur le genre, connu sous l’intitulé PAN VBG 2. Pour les associations féministes, la persistance de tels drames démontre que les dispositifs actuels ne garantissent pas encore une sécurité suffisante aux citoyennes.
Face à ce constat alarmant, les structures associatives exigent un renforcement immédiat des mécanismes de prévention, un soutien accru aux familles des victimes ainsi qu’une prise en charge effective des survivantes à l’échelle nationale.
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