Sénégal : Pastef rejette le projet de loi de finances rectificative

La commission des Finances de l’Assemblée nationale du Sénégal a rejeté, le vendredi 23 octobre 2026, le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026. Ce blocage, initié par le groupe parlementaire Pastef, pourrait affecter les engagements financiers du pays avec le Fonds monétaire international et précède une séance plénière prévue le mardi 27 octobre.

Le rejet du projet de loi par le groupe Pastef

Les députés du parti Pastef, qui détient 130 des 165 sièges, ont justifié cette décision par l’insuffisance des garanties apportées au Parlement. Le pouvoir exécutif était représenté lors de cette séance par Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, ainsi que par Bassirou Sarr, ministre chargé du Budget.

Le projet de LFR porte le déficit à 7,6 % du PIB et fait mention de coupes budgétaires sur plusieurs secteurs. Selon Ousmane Sonko, ces leviers pourraient contribuer au financement du redressement budgétaire. Il a par ailleurs plaidé pour concilier discipline budgétaire et justice sociale, refusant d’opposer les deux exigences. Pour limiter les effets d’une hausse des prix, il préconise une baisse de la TVA de 18 % à 15 %, accompagnée d’ajustements de certaines taxes spécifiques.

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Analyse des indicateurs et critiques politiques

D’après les observations d’Abdourahmane Sarr, les fonds publics alloués aux investissements s’élèvent à 2 249 milliards de FCFA, marquant une augmentation supérieure à 50 % par rapport aux 1 472 milliards effectivement dépensés en 2025. Il estime que le rebasage du PIB pourrait permettre d’atteindre cet objectif, à condition toutefois de maintenir une gestion rigoureuse des investissements publics ainsi que des dépenses liées aux biens et services. De son côté, Oumar Youm, maire de Thiadiaye et responsable de l’APR, a dénoncé l’incohérence de la majorité actuelle. Interrogé sur sa propre ambition, le maire de Thiadiaye ne tombe pas dans le piège de l’autoproclamation, préférant souligner les contradictions budgétaires. Le groupe Takku Wallu Sénégal, qui a pointé la baisse de 340 milliards de francs CFA des recettes de l’État, affirme vouloir maintenir son abstention, quelle que soit la position finale du groupe parlementaire Pastef.

Conséquences et tensions institutionnelles

L’ancien Premier ministre Amadou Ba a mis en garde contre une « paralysie de l’État », soulignant que l’absence d’adoption de la LFR pourrait priver de crédits près de 540 milliards de francs CFA destinés aux subventions énergétiques. Il avertit que cela entraînerait « un risque d’impayés, d’accumulation d’arriérés et, à terme, d’alourdissement du coût de la dette ». Par ailleurs, les obligations en dollars du Sénégal ont chuté après la menace de Ousmane Sonko de ne pas voter le texte. Amadou Ba a également appelé à un compromis pour éviter une impasse institutionnelle, alors que le candidat malheureux à la présidentielle de mars 2024 exhorte les parties à privilégier l’intérêt de la nation.

Sénégal : Pastef rejette le projet de loi de finances rectificative
Photo : DAKARACTU.COM

La réaction du gouvernement et les perspectives du 27 octobre

En réponse à ce refus, le chef du Gouvernement prendra la parole ce dimanche à 16 heures, au Building administratif Président Mamadou Dia, devant les médias nationaux et internationaux. Le gouvernement entend ainsi présenter les analyses économiques et financières qui sous-tendent le PLFR 2026. Si le blocage persiste lors de la séance du 27 octobre, le gouvernement pourrait, selon des spécialistes, recourir à l’alinéa 6 de l’article 86 de la Constitution, permettant d’adopter le budget sans vote. Amadou Ba, ancien PM de Macky Sall, continue de raisonner Diomaye Faye et Sonko dans leur guéguerre, appelant à un compromis budgétaire indispensable pour la stabilité du pays.

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