Le prix moyen du gallon a bondi de 57,4 %, passant de 2,49 dollars à 3,91 dollars pour JetBlue Airways, dont la directrice générale Joanna Geraghty a rejeté mardi 27 octobre 2026 les informations sur une restructuration de la dette tout en défendant la solidité des liquidités du transporteur face à l’aggravation des pertes nettes et à la chute du marché obligataire.
La compagnie aérienne américaine JetBlue Airways se retrouve au cœur d’une tourmente financière cet automne 2026, prise en étau entre des pertes nettes qui se creusent et un marché obligataire qui panique. Pourtant, la direction refuse catégoriquement l’hypothèse d’une restructuration de sa dette. Lors d’un entretien accordé le mardi 27 octobre 2026, la directrice générale Joanna Geraghty a tenu à clarifier la situation face à la chute brutale des titres de créance de l’entreprise.
La flambée du carburant pèse sur les résultats du troisième trimestre 2026
Pour le troisième trimestre de l’exercice 2026 clos en septembre, le transporteur a affiché un chiffre d’affaires en progression de 21,1 %, atteignant 2,81 milliards de dollars par rapport aux 2,32 milliards enregistrés un an plus tôt. Le trafic passagers et les capacités ont pourtant très peu varié, témoignant d’une nette amélioration du rendement par siège et d’une hausse globale des tarifs de près de 19,2 %.
Le prix moyen du gallon a bondi de 57,4 %, passant de 2,49 dollars à 3,91 dollars. Au total, la facture de kérosène s’est alourdie à 868 millions de dollars, soit 329 millions de suppléments par rapport au troisième trimestre de 2025. Cette seule surcharge a absorbé environ les deux tiers des revenus supplémentaires générés. En conséquence directe de cette pression sur les marges, la perte nette trimestrielle de la compagnie a atteint 257 millions de dollars, aggravant le bilan des neuf premiers mois de l’année où le déficit cumulé s’élève désormais à 823 millions de dollars.

Joanna Geraghty a déclaré : « Je suis très encouragée par les progrès que nous avons accomplis au troisième trimestre. Une demande résiduelle et des rendements solides ont propulsé le chiffre d’affaires bien au-delà de nos prévisions initiales, nous permettant de rattraper une part de la hausse des coûts du carburant supérieure à ce que nous escomptions au départ. Cette dynamique s’est prolongée au quatrième trimestre, et Fort Lauderdale continue de générer des résultats exceptionnels malgré une augmentation significative de nos capacités. »
La direction conteste les rumeurs sur le marché obligataire
La nervosité des marchés financiers s’est cristallisée autour de la dette du groupe, qui totalise environ 8,4 milliards de dollars en engagements et contrats de location-financement. Vers la fin du mois d’octobre 2026, des obligations de deux milliards de dollars adossées au programme de fidélité TrueBlue ont chuté à environ 45 cents par dollar de valeur nominale, contre près de 80 dollars au début du mois. Des informations de presse ont par ailleurs indiqué que des créanciers s’étaient attachés les services de conseillers en restructuration, alimentant le spectre d’une procédure de faillite de type Chapter 11.
Face à ces spéculations alarmistes, Joanna Geraghty a opposé un démenti formel, affirmant que la société n’était engagée dans aucune négociation de cette nature.

Joanna Geraghty a indiqué : « Nous ne sommes pas en discussions avec nos créanciers. Une partie de la journée d’aujourd’hui, comme je l’ai mentionné, visait véritablement à rétablir la vérité sur le fait que nous progressons sur le plan de nos activités fondamentales. »
La dirigeante a également écarté l’idée de solliciter un quelconque soutien financier auprès du gouvernement américain. Les liquidités non affectées et les placements de la compagnie sont tombés à 1,6 milliard de dollars à la fin du mois de septembre, contre environ des milliards en décembre précédent, sous l’effet conjugué des achats d’appareils et de la consommation de trésorerie opérationnelle.

L’application du plan JetForward visée pour 2027 et 2028
Pour faire face aux échéances à venir — qui incluent des remboursements de dette et de baux de 477 millions de dollars en 2027 et de 582 millions en 2028, avant un montant plus important de 1,8 milliard en 2029 —, la direction mise sur l’exécution continue de son plan de redressement stratégique baptisé JetForward. L’optimisation des liaisons, notamment l’excellente performance de la plaque tournante de Fort Lauderdale, ainsi que le lancement de la classe affaires domestique BlueFirst prévu pour le 8 décembre, constituent les principaux leviers commerciaux mis en avant.
La compagnie compte également sur de nouveaux relais de croissance, tels que sa plateforme de voyage Paisly et ses partenariats autour des cartes bancaires co-marquées, pour sécuriser des rentrées d’argent hors emprunts traditionnels. Les investisseurs demeurent toutefois prudents : la marge opérationnelle ajustée pour l’ensemble de l’exercice 2026 est désormais attendue entre des valeurs négatives de 4,5 % et 6,5 %, un niveau inférieur aux prévisions initiales.
Joanna Geraghty a souligné : « Nous avons enregistré une amélioration de notre marge opérationnelle ajustée d’une année sur l’autre au troisième trimestre et prévoyons une nouvelle progression au quatrième trimestre, en dépit de prix du carburant plus élevés. Conjuguée à la poursuite de l’exécution du plan JetForward, cette évolution renforce notre confiance dans notre capacité à atteindre une rentabilité opérationnelle durable en 2027 et à dégager un bénéfice par action d’au moins 1 dollar ainsi qu’un flux de trésorerie disponible positif en 2028. »
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