À l’approche du référendum albertain prévu le 19 octobre, les premiers ministres provinciaux et territoriaux à travers le Canada gardent le silence sur les propositions de réformes constitutionnelles de Danielle Smith, tandis que les sondages indiquent qu’une large majorité d’Albertains souhaite rester dans la fédération.
À trois semaines et demie du scrutin provincial du 19 octobre 2026, la question de l’avenir de l’Alberta au sein de la Confédération se précise, bien que les dirigeants des autres provinces et territoires adoptent une position de réserve. L’exécutif albertain soumet dix questions aux électeurs, dont quatre réformes constitutionnelles majeures qui visent à remodeler les relations entre les provinces et Ottawa. Les dirigeants provinciaux se montrent discrets, préférant ne pas s’engager sur ces propositions institutionnelles complexes.
Les quatre réformes constitutionnelles de Danielle Smith face aux réactions des provinces
Le gouvernement de la première ministre albertaine Danielle Smith soumet quatre propositions principales aux citoyens. Celles-ci comprennent l’abolition du Sénat, le transfert à l’Alberta du pouvoir de désigner les juges provinciaux de la Cour du Banc du Roi et de la Cour d’appel au lieu d’Ottawa, la possibilité de se retirer de programmes fédéraux sans perte de financement, et la primauté des lois provinciales sur les lois fédérales en cas de différend de compétence. L’administration albertaine admet que l’abolition du Sénat constitue un obstacle majeur nécessitant un appui unanime, mais elle estime que les trois autres mesures ciblées disposent d’un terrain favorable.
Le cabinet du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a indiqué qu’il n’émettrait aucun commentaire, tandis que d’autres se sont contentés de renvoyer le dossier aux électeurs locaux. Un porte-parole du premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, R.J. Simpson a déclaré que le scrutin relève d’une décision propre aux Albertains par le biais de leur processus référendaire.
Du côté du Nunavut, le premier ministre John Main a souligné que son territoire suivait de près le déroulement du vote tout en insistant sur la solidarité économique interprovinciale. Le premier ministre du Yukon, Currie Dixon, a quant à lui exprimé son souhait que l’Alberta demeure dans la fédération canadienne, tout en précisant qu’il attendait les résultats du scrutin constitutionnel.
Analyse juridique des propositions et perspectives d’application fédérale
Selon les experts en droit constitutionnel, certaines revendications albertaines pourraient trouver un écho auprès d’autres provinces, bien que le Parlement fédéral représente un barrage institutionnel difficile à franchir. Gerard Kennedy, professeur de droit constitutionnel à l’Université de l’Alberta, estime que la nomination des juges par les provinces et la faculté de se retirer de programmes fédéraux sans pénalité financière suscitent un intérêt naturel chez les gouvernements provinciaux cherchant à élargir leurs prérogatives.

Gerard Kennedy a affirmé qu’il s’agit d’un pouvoir provincial supplémentaire et s’est demandé pourquoi ils ne le voudraient pas, selon Global News.
En mars, Danielle Smith, Scott Moe, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et l’ancien premier ministre québécois François Legault avaient signé une lettre conjointe adressée à Ottawa pour exiger que les magistrats des cours supérieures et d’appel soient choisis à partir d’une liste restreinte fournie par les provinces. Le ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, avait rapidement rejeté cette requête, rappelant l’existence de comités consultatifs indépendants. Par ailleurs, les juristes soulignent que la proposition accordant une primauté aux lois provinciales sur la législation fédérale n’a aucun équivalent dans les fédérations mondiales et risque d’ouvrir la voie à des négociations constitutionnelles complexes.
Intensions de vote et stabilité du soutien au maintien dans le Canada
Au-delà des questions de réforme constitutionnelle, le référendum aborde directement la question de l’appartenance à la Confédération. Un sondage Ipsos réalisé en exclusivité pour Global News auprès de 1 500 adultes canadiens, dont 600 résidents de l’Alberta interrogés entre le 18 et le 22 septembre 2026, révèle que sept Albertains sur dix prévoient de voter pour que la province demeure au sein du Canada. Ce chiffre représente une variation infime de deux pour cent par rapport à une enquête similaire menée entre la fin mai et le début juin.

Les partisans d’un processus référendaire sur l’indépendance représentent 20 pour cent des répondants. Ce courant indépendantiste s’avère particulièrement prononcé chez les hommes (25 pour cent), la génération Z née entre 1997 et 2012 (28 pour cent) ainsi que les résidents des régions situées à l’extérieur de Calgary et d’Edmonton (28 pour cent). Gregory Jack, vice-président senior d’Ipsos Public Affairs, note que les dynamiques électorales demeurent stables tout au long de la campagne, bien que la mobilisation des électeurs jouera un rôle déterminant en raison de la motivation accrue du camp favorable à un changement.
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