L’ancien gouverneur de la Banque nationale de Hongrie, György Matolcsy, a été interpellé par les enquêteurs le mercredi 21 octobre 2026. Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une vaste enquête pour abus de confiance, escuproperations financières et faux documents concernant la gestion d’anciennes fondations de l’institution.
Figure de la politique économique hongroise et proche allié de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán pendant de longues années, le dirigeant de 71 ans a dirigé la banque centrale entre 2013 et 2025. Les autorités judiciaires ont mené une série d’interventions coordonnées, faisant suite aux plaintes pénales déposées par la nouvelle direction de la MNB (Magyar Nemzeti Bank).
Les accusations de fraude et la gestion des fondations de la banque centrale
L’enquête se concentre sur les structures et les fonds gérés par des fondations créées sous l’égide de la banque centrale lors du mandat de György Matolcsy. L’Office national de contrôle de Hongrie avait déjà averti l’an dernier qu’une part considérable des actifs s’était évanouie à travers un enchaînement d’opérations immobilières et d’investissements risqués.

Le conseil juridique de l’ancien gouverneur a précisé la nature des poursuites engagées contre son client. L’avocat Pál Bátki a déclaré selon les informations rapportées par les portails d’actualité : « Mon client est soupçonné de fraude économique causant un préjudice financier important et du délit d’utilisation de faux document privé » (selon les informations rapportées par les portails d’actualité). Malgré la gravité des charges, la défense souligne que l’ancien haut fonctionnaire collabore pleinement avec les enquêteurs.
Comme Matolcsy adopte une attitude disciplinée et coopère entièrement avec les services compétents, la police a choisi de ne pas lui passer les menottes et s’est abstenue de recourir à quelque moyen de contrainte que ce soit.
Le fils de l'ex-gouverneur transfère des biens vers Dubaï
L’affaire dépasse le cadre strict de l’institution financière pour toucher l’entourage familial de l’ancien gouverneur. D’après les investigations menées par des journalistes d’investigation, Ádám Matolcsy, le fils de l’ex-gouverneur, a commencé à transférer et à réenregistrer en série des biens de luxe à destination de Dubaï au moment où les enquêtes visant les fondations et les agissements de la banque centrale prenaient de l’ampleur.
Du côté de la classe politique, les réactions témoignent d’une vive tension. Le parti au pouvoir Fidesz a réagi par la voix de son porte-parole, Bertalan Havasi, affirmant que la formation politique espère une procédure impartiale de la part des autorités, sans pression d’aucune sorte, puisque la loi s’applique à tous de la même manière. Pendant ce temps, un comité d’enquête parlementaire auditionne les protagonistes. Le nouveau gouverneur de la MNB, Mihály Varga, a transmis des milliers de pages de documents aux parlementaires pour faire éclater la vérité sur la gestion passée.

Péter Magyar prône la reconstruction de l'état de droit
Interrogé sur le rythme des enquêtes et la pression populaire, le Premier ministre Péter Magyar a reconnu les attentes pressantes de la population dans un entretien accordé à l’agence AP. Il a rappelé que la reconstruction d’un État de droit respectueux des règles européennes exige de la rigueur et du temps, tout en critiquant vertement les seize années de gouvernance de Viktor Orbán qui ont selon lui fragilisé l’économie du pays.
Péter Magyar a déclaré : « Tout le monde doit cependant comprendre que nous voulons bâtir un État de droit, un pays démocratique qui respecte les règles de l’Union européenne ainsi que les droits fondamentaux, et cela demande du temps. J’essaie d’expliquer aux gens que même dans les films de mafieux ou de criminels, ce ne sont pas les toutes premières minutes qui sont les plus palpitantes, mais plutôt le milieu et la fin » (via l’agence AP).

Le chef du gouvernement a également rappelé que la libération de fonds européens bloqués sous l’ère d’Orbán est intimement liée aux progrès réalisés par Budapest en matière de réformes judiciaires et d’indépendance de la justice. Les autorités judiciaires doivent statuer dans les prochaines heures sur les suites à donner concernant la détention de György Matolcsy.
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