Hongrie : la cherté de l’électricité industrielle pèse sur l’économie

La hausse des prix de l’électricité industrielle en Hongrie constitue un frein majeur pour la compétitivité des entreprises. Réunis lors d’une conférence récente, des experts et des dirigeants sectoriels ont souligné que le système actuel engendre des coûts disproportionnés pour les grands consommateurs, plombant l’économie nationale.

Les entreprises hongroises font face à un défi structurel de taille. Le coût élevé de l’électricité pour les consommateurs industriels pèse lourdement sur la compétitivité de l’ensemble de l’économie, un constat mis en lumière lors des discussions de la conférence G7 Paradigma qui s’est tenue à Budapest. Comme l’ont souligné lors d’une table ronde Simon Anita, directrice générale adjointe du groupe Alteo, Hiezl Tamás, président de l’Association hongroise des négociants en énergie, Szabó László, directeur du Centre de recherche en économie régionale (REKK), et Nagy Zsuzsa, directrice générale d’E.On Energiamegoldások Kft., une grande partie des sociétés paie trop d’énergie par méconnaissance ou par habitude en s’accrochant à des contrats à prix fixe, alors que la volatilité et la complexité s’installent durablement. D’après Szabó László, si la population est logiquement focalisée sur sa facture de gaz, les entreprises sont quant à elles principalement exposées à l’électricité, tandis que Hiezl Tamás observe que l’intensité énergétique et l’internationalisation des sociétés influencent fortement ces pratiques de gestion.

Le fardeau de la surtarification industrielle et le mécanisme de subvention

Selon les graphiques présentés par Nagy Zoltán, président du Forum des consommateurs d’énergie industrielle, et les données rapportées par le site Telex, le pays affiche les deuxièmes prix de l’électricité industrielle les plus élevés de l’Union européenne, juste derrière l’Irlande.

Cette situation découle en grande partie du phénomène de croisement tarifaire. Pour financer l’expansion des énergies renouvelables, l’État a initialement soutenu l’électricité verte via des dispositifs dont le coût est en partie répercuté sur les grands consommateurs industriels, une charge que ces derniers doivent assumer en plus d’une volatilité géopolitique persistante.

L’impact des politiques de prix administrés et l’essor incontrôlé du solaire

Le système de réduction des factures résidentielles, connu sous le nom de rezsicsökkentés, exerce également une pression indirecte sur le tissu entrepreneurial. Bien que Hiezl Tamás relève que l’industrie s’accorde sur la nécessité d’une forme de protection tarifaire et qu’il serait « plus qu’opportun » d’ouvrir un dialogue constructif avec le gouvernement pour refondre le modèle de subvention, il avertit qu’il est sans issue de reporter les charges sur les entreprises, au risque de compromettre leur capacité à verser de bons salaires ou à assurer leurs investissements. De son côté, Nagy Zsuzsa insiste sur le manque cruel d’éducation du marché, les clients espérant des grilles tarifaires fixes sans planifier de pilotage temporel de leur consommation.

Parallèlement, la transition énergétique a souffert de dysfonctionnements opérationnels. Le développement rapide du photovoltaïque s’est déroulé de manière « etes nélkül » (sans discernement ou « sans tête »), selon les observations formulées lors de l’événement et rapportées par la presse spécialisée, créant des défis d’intégration pour le réseau national.

Perspectives pour le mix énergétique et révision des structures

Face à la volatilité constante des marchés et aux incertitudes géopolitiques, les industriels doivent repenser leur approche de l’efficacité énergétique. Comme le note Hiezl Tamás, les chefs d’entreprise doivent impérativement intégrer la dimension temporelle de la consommation dans leurs décisions stratégiques, tandis que Simon Anita rappelle l’importance pour les sociétés de produire leur propre énergie, par exemple à travers le solaire.

À plus long terme, le mix énergétique national doit faire l’objet d’une refonte complète. Les analystes s’accordent sur le fait que l’énergie nucléaire jouera un rôle central, soulignant que la prolongation de la durée d’exploitation de la centrale de Paks I s’avère une étape importante pour stabiliser l’approvisionnement futur, tandis que les acteurs de l’industrie espèrent une révision globale des structures par la nouvelle gouvernance publique, comme le détaille cette analyse sectorielle.

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