Google Maps a modifié l’affichage du lac Ontario en « Lac Amérique » pour les utilisateurs aux États-Unis, conformément à la base de données gouvernementale GNIS.
Le géant technologique a ajusté ses cartes en ligne pour renommer le cinquième Grand Lac pour le public américain, tout en maintenant l’appellation d’origine pour les internautes canadiens. Selon les tests réalisés par La Presse à l’aide d’un réseau virtuel privé, la modification est clairement visible au sud de la frontière, tandis que le Canada conserve l’appellation historique.
Le décret présidentiel et la mise à jour de Google Maps
La Maison-Blanche a salué publiquement la modification par la voix de son directeur des communications, Steven Cheung, qui a proclamé sur le réseau social X que le changement était officiel. De son côté, l’entreprise Google a justifié sa démarche par sa politique de longue date consistant à aligner ses services sur les sources gouvernementales officielles de chaque territoire.
Aux États-Unis, cette source de référence est le Système d’information sur les noms géographiques, désigné sous l’acronyme GNIS. La mesure fait suite à un décret unilatéral signé par le président américain, qui exigeait de rebaptiser immédiatement le plan d’eau. Pour les utilisateurs situés hors du Canada et des États-Unis, l’affichage adopte une formule mixte.
Dans le reste du monde, le service cartographique présente désormais la désignation Lake Ontario (Lake America)
, cherchant ainsi à concilier les exigences réglementaires américaines et la réalité internationale. Le service concurrent d’Apple, quant à lui, conservait le nom initial sans modification.
Les réactions politiques et l’enracinement historique du nom
Les autorités canadiennes ont immédiatement rejeté cette modification toponymique. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a qualifié la mesure de complètement absurde
lors d’une entrevue accordée au réseau ABC News, affirmant que personne ne va l’appeler le +lac d’Amérique+
. Pour marquer son opposition, le dirigeant provincial a dévoilé un panneau géant en bordure de l’étendue d’eau proclamant Lake Ontario Now and Always
.

D’autres responsables politiques ont exprimé leur désaccord, à l’instar du gouverneur du Vermont Phil Scott qui a qualifié la décision de petty and disappointing
, ou de la gouverneure de New York Kathy Hochul qui a insisté sur le fait que l’État voisin refuserait d’utiliser ce terme. Plusieurs observateurs rappellent que le nom d’origine possède des racines autochtones profondément ancrées dans la culture locale.
Cette appellation est attestée depuis plus de 400 ans, précédant de plusieurs siècles la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance américaine.
Conséquences numériques et escalade de la guerre commerciale
La modification des données géographiques a entraîné des répercussions inattendues au sein de certaines administrations ontariennes. La carte des pannes du distributeur d’électricité Hydro One ainsi que l’outil de localisation des succursales de la Régie des alcools de l’Ontario ont temporairement affiché le nom américain en raison de leur dépendance à l’égard de services cartographiques tiers. Les responsables de ces agences ont indiqué procéder à des vérifications pour rétablir la nomenclature exacte.

Ce différend toponymique s’inscrit dans un contexte de tensions économiques accrues entre Washington et Ottawa, marqué par l’échec des négociations commerciales et l’imposition de droits de douane réciproques. Un précédent similaire s’était produit au début du second mandat de Donald Trump, lorsque le golfe du Mexique avait été rebaptisé « golfe d’Amérique » dans les documents fédéraux et sur les applications numériques.
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