Le glacier Thwaites en Antarctique, surnommé le glacier de l’Apocalypse, continuera de perdre de la glace pendant les 150 prochaines années, même en cas d’arrêt total du réchauffement climatique et de l’océan, selon des recherches publiées en octobre 2026.
Une fonte inévitable malgré des océans plus froids
Le glacier le plus large de la planète poursuit sa régression à un rythme alarmant. Une étude récente dirigée par le British Antarctic Survey (BAS) démontre que les pertes de glace de Thwaites resteront inévitables pour au moins un siècle et demi, et ce même sous un scénario hypothétique d’océans extrêmement froids.
Le « Glacier de l'Apocalypse » en Antarctique vient de recevoir une nouvelle alerte–c'est terrifiant
Comparé à la taille de la Grande-Bretagne, ce colosse de glace situé dans l’ouest de l’Antarctique perd de la masse plus rapidement que n’importe quelle autre région antarctique. Sa disparition progressive menace d’accélérer la hausse globale du niveau des mers. Les chercheurs ont modélisé l’avenir de Thwaites ainsi que de son voisin, le glacier Pine Island, en simulant l’arrêt complet de la fonte induite par l’océan. Alors que Pine Island a montré des signes de régénération en s’épaississant à nouveau, Thwaites a simplement vu sa perte de vitesse ralentir tout en continuant de reculer, comme le rapporte le quotidien Chosun.
Ces résultats montrent que les changements passés de la fonte induite par l’océan nous ont désormais engagés dans une perte de glace future inévitable pour le glacier Thwaites.
Dre Rosie Williams, glaciologue au BAS et auteure principale de l’étude, via Euronews
Le rôle critique de la zone d’échouage
Pour comprendre les mécanismes de cette instabilité, des glaciologues de l’University of California, Irvine et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA ont développé un nouveau modèle d’écoulement glaciaire. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Communications, mettent en lumière le rôle déterminant de la zone d’échouage située sous la glace.
Photo : Chosun
Contrairement aux modèles traditionnels qui considèrent cette zone comme fixe, les données satellites révèlent un espace large de plusieurs kilomètres où l’eau de mer s’infiltre. Ce phénomène permet à l’eau océanique relativement chaude de pénétrer profondément sous la calotte. Selon les prévisions actualisées par l’équipe de recherche, Thwaites pourrait ainsi contribuer à une élévation du niveau marin mondial de 3 centimètres d’ici 2100, soit le double des estimations précédentes, même en l’absence de réchauffement climatique supplémentaire rapporté par CNN.
Une instabilité enracinée dans les perturbations du passé
L’origine de cette dynamique de recul s’explique en partie par des événements climatiques survenus il y a plusieurs décennies. Les scientifiques avancent qu’un fort épisode El Niño dans les années 1940 a réchauffé les eaux entourant l’Antarctique, déclenchant une instabilité structurelle qui perdure aujourd’hui. Une fois l’équilibre d’un tel glacier rompu, la structure peine à se rétablir, même si les conditions environnementales venaient à se normaliser.
Le « glacier de l'Apocalypse » en Antarctique fait l'objet d'une nouvelle mise en garde terrifian…
La topographie du socle rocheux aggrave cette vulnérabilité. Le terrain sous Thwaites s’incline vers l’intérieur, exposant de nouvelles surfaces de glace à l’eau chaude à mesure que le recul progresse. Les chercheurs estiment qu’il existe un risque de 60 % pour que la glace se détache d’une importante crête sous-marine, la crête de Mouginot, d’ici la fin du siècle, précipitant un recul accéléré vers l’intérieur des terres.
Perspectives de recherche et nécessité de réduire les émissions
Face à ces incertitudes, la communauté scientifique insiste sur la nécessité d’obtenir des données directes depuis le socle glaciaire. Des équipes planifient une expédition sur place en 2028 afin de déployer des instruments capables de documenter précisément les flux d’eau de mer sous la glace.
Photo : New Scientist
Bien que les dommages historiques engagés par le glacier garantissent une élévation future des mers, les experts rappellent que des mesures urgentes pour freiner les émissions de gaz à effet de serre restent indispensables. Des modèles d’observation plus précis, intégrant l’assimilation de données satellitaires et radar, continuent d’affiner ces trajectoires afin de mieux anticiper les risques d’inondations côtières pour les décennies à venir.