La cheffe du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté le 19 octobre 2026 devant le Parlement le programme de la législature 2027-2031. Le texte prévoit de criminaliser l’enrichissement illicite, de juguler les monopoles et de porter la croissance économique à 5 % par an en moyenne.
Le doublement de l’aide sociale et la gratuité partielle de l’électricité
Présenté par Fatima Ezzahra El Mansouri devant les deux Chambres du Parlement, l’exécutif prévoit de faire passer l’aide sociale directe de 500 à 1 000 dirhams d’ici la fin du mandat.
Les veuves bénéficieront également d’une pension de réversion équivalente à 100 % des droits du conjoint défunt, contre 50 % initialement prévus, tout en préservant les droits des orphelins.
Une compensation automatique s’appliquera sur la consommation d’électricité du logement principal lorsque celle-ci ne dépasse pas 100 dirhams.
Cette mesure ne nécessitera aucune démarche administrative ni de dossier papier.
La réforme fiscale et le nouveau barème de l’impôt
Le volet fiscal de la nouvelle feuille de route s’accompagne d’une refonte progressive de l’impôt sur le revenu entre 2027 et 2031.
Le barème sera simplifié avec trois tranches imposables et des taux progressifs fixés à 10, 20 et 30 %, ramenant le taux marginal maximal de 37 à 30 %.
Cette orientation s’écarte partiellement des promesses de campagne du Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM).

Le PAM proposait d’exonérer les salaires bruts inférieurs à 15 000 dirhams par mois et de limiter le taux maximal à 20 %.
La nouvelle majorité justifie ce choix par un étalement budgétaire progressif.
Celui-ci est destiné à élargir l’assiette fiscale et à encourager l’emploi déclaré.
La moralisation de la vie publique et l’encadrement des marchés
Le gouvernement entend parachèver le dispositif national de promotion de l’intégrité.
Cette démarche s’appuie explicitement sur l’article 36 de la Constitution marocaine pour sanctionner les conflits d’intérêts, moraliser la gestion publique et réprimer la divulgation d’informations privilégiées à des fins d’avantages indus.
Ces annonces remettent à l’ordre du jour des dispositions similaires.
Elles avaient figuré dans des projets de loi de réforme du Code pénal sous les gouvernements précédents.
Elles avaient été présentées en juin 2016 sous Abdelilah Benkirane puis en novembre 2021 sous Aziz Akhannouch.

Ces projets avaient été retirés du Parlement en raison de divergences politiques.
L’exécutif planifie une réforme structurelle des marchés sur la période 2026-2031.
Elle doit servir à freiner l’intermédiation abusive, réguler les prix et juguler les situations monopolistiques.
Les objectifs macroéconomiques et les engagements budgétaires
Le gouvernement table sur une croissance réelle de 5 % en moyenne annuelle entre 2027 et 2031.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 a été adopté par le conseil de gouvernement le 20 octobre 2026.
Il constitue la première traduction budgétaire de ces orientations.
L’exécutif s’engage à contenir l’inflation autour de 2 %, à maintenir le déficit budgétaire sous la barre des 3 % du PIB et à ramener la dette publique aux environs de 62 % du PIB d’ici 2031.
Les petites et moyennes entreprises se verront réserver 30 % de la valeur des marchés publics.
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