Le gouvernement ghanéen a formellement approuvé une demande d’adhésion au bloc des pays émergents BRICS en tant que pays partenaire. L’annonce a été faite le 6 octobre 2026 à Accra par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, lors d’une visite officielle du chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar.
La décision, validée par le cabinet du président John Dramani Mahama, marque une étape importante dans la stratégie extérieure d’Accra. Le pays cherche à diversifier ses relations économiques tout en maintenant ses partenariats traditionnels avec les institutions de Bretton Woods et les puissances occidentales.
Les ambitions du Ghana au sein des BRICS
En choisissant de solliciter le statut de pays partenaire plutôt qu’une adhésion à part entière, le gouvernement ghanéen opte pour un positionnement mesuré. Le ministre Samuel Okudzeto Ablakwa a clarifié cette orientation, soulignant que cette démarche répond aux intérêts nationaux consacrés par la Constitution de 1992.

Cette approche s’inscrit dans le cadre de la politique de non-alignement du pays. Le gouvernement rappelle l’héritage de la période d’indépendance, illustré par le premier président Kwame Nkrumah, qui sut diversifier les appuis extérieurs entre l’Est et l’Ouest. Accra a ainsi mené des consultations préalables auprès de ses partenaires de l’Union européenne pour exposer les motifs de son choix.
Samuel Okudzeto Ablakwa a déclaré selon la BBC : « Le cabinet du président John Mahama a décidé que le Ghana rejoindrait les BRICS. »
L’essor des échanges commerciaux avec l’Inde
L’annonce de cette candidature intervient alors que les liens économiques bilatéraux se renforcent rapidement avec les membres fondateurs du bloc, en particulier avec New Delhi. Jaishankar, a effectué une visite en Afrique de l’Ouest qui a permis de formaliser le soutien de son pays aux aspirations ghanéennes.
Les données officielles indiquent une progression marquée des flux d’échanges. Le volume des transactions commerciales entre le Ghana et l’Inde est passé d’environ trois milliards de dollars à près de sept milliards de dollars sur la période récente.
| Indicateur bilatéral | Montant estimé |
|---|---|
| Échanges commerciaux Ghana-Inde (2024) | Environ 3 milliards USD |
| Échanges commerciaux actuels | Environ 7 milliards USD |
| Soutien de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) | Environ 700 millions USD (crises 2023-2024) |
La prudence face aux équilibres géopolitiques mondiaux
L’intégration espérée au sein des BRICS soulève des interrogations quant aux répercussions potentielles sur les relations avec Washington et les institutions financières internationales. Cette démarche intervient quelques mois seulement après la conclusion d’un programme de sauvetage financier de trois milliards de dollars mené avec le Fonds monétaire international.
Des analystes soulignent également les mises en garde émises par l’administration américaine concernant l’alignement sur certaines politiques du bloc élargi.
Prochaines étapes de la diplomatie ghanéenne
Pour concrétiser son projet, le gouvernement ghanéen doit désormais déposer formellement son dossier auprès de la présidence tournante du groupe, actuellement assurée par l’Inde. L’aboutissement de la procédure nécessitera un consensus entre les onze membres de plein droit de l’organisation.
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