Le Parlement suédois a adopté jeudi 13 août 2026 une baisse de la limite de responsabilité pénale de 15 à 14 ans pour les infractions les plus graves. Cette mesure temporaire de cinq ans, adoptée par 281 voix contre 66, vise à contrer le recrutement de mineurs par des réseaux criminels.
La Riksdag a entériné un tournant majeur de la politique pénale du pays face à la progression de la criminalité organisée. Désormais, les mineurs ayant atteint l’âge de 14 ans encourent des peines de prison effectives pour des crimes particulièrement graves, tels que les homicides, les viols aggravés et les infractions majeures à la législation sur les armes selon les informations relayées par la presse scandinave. Le texte a recueilli une large majorité de 281 voix pour, tandis que 66 députés ont voté contre cette disposition.
Le compromis politique et les préparatifs dans les prisons
Le projet initial de l’exécutif visait à abaisser le seuil d’âge à 13 ans. Toutefois, face aux réticences et au risque d’un rejet parlementaire en juin, le gouvernement a dû infléchir sa position.
Dans le même temps, les infrastructures pénitentiaires se sont préparées à accueillir ce nouveau public. À l’établissement pénitentiaire de Rosersberg, situé à l’extérieur de Stockholm, les autorités ont aménagé des sections spécifiques pour incarcérer ces adolescents, rompant avec la pratique historique qui consistait à placer les mineurs dans des institutions sociales et des centres de détention pour mineurs dotés d’un régime moins restrictif.
La justification gouvernementale face aux critiques des oppositions et des experts
Le gouvernement justifie cette réforme par l’urgence sécuritaire provoquée par les bandes criminelles qui enrôlent des enfants de plus en plus jeunes pour exécuter des contrats de mort et des attentats à l’explosif. C’est une période de joie pour toutes les victimes en Suède, a déclaré le ministre de la Justice Gunnar Strömmer à l’issue du vote d’après les précisions apportées par les médias locaux.

Plusieurs partis d’opposition, à l’instar du Miljöpartiet, ont exprimé leur ferme opposition. Ulrika Westerlund a ainsi rappelé que les mineurs auteurs d’infractions doivent certes faire face à des conséquences, mais que celles-ci doivent respecter la Convention relative aux droits de l’enfant et s’appuyer sur des connaissances scientifiques relatives à la récidive. Des fagetater, organismes publics et professionnels du secteur, ont également mis en garde contre l’inefficacité supposée de l’incarcération, craignant que les réseaux criminels ne poussent le recrutement vers des tranches d’âge encore plus basses, en dessous de 14 ans.
Les autres dispositions du train de mesures pénales
La baisse de la responsabilité pénale à 14 ans pour une durée expérimentale de cinq ans s’accompagne d’autres durcissements législatifs votés par le parlement. La modification de la loi, dont l’entrée en vigueur est fixée au 10 septembre, supprime également l’abattement de peine accordé aux jeunes adultes âgés de 18 à 20 ans et relève les peines maximales applicables aux mineurs de moins de 18 ans à 18 années d’emprisonnement selon l’analyse d’ensemble de la situation institutionnelle.
Pendant ce temps, les pays voisins observent ce changement de cap avec prudence. En Norvège, les autorités ont écarté l’idée de suivre la même trajectoire, la ministre de la Justice Astri Aas-Hansen ayant souligné que les expériences menées au Danemark, où la limite avait été abaissée à 14 ans avant d’être relevée deux ans plus tard face à une hausse de la criminalité et à de moins bons résultats scolaires, incitent Oslo à privilégier d’autres méthodes de prévention comme le documente la publication spécialisée.
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