Lors du sommet Animal Longevity Summit tenu à Toronto en octobre, des chercheurs et entreprises ont présenté des avancées en géro-science visant à prolonger la vie des animaux domestiques. Les travaux se concentrent sur la génétique, les thérapies médicamenteuses et l’optimisation nutritionnelle pour combattre les maladies liées au vieillissement.
La géro-science au service des animaux de compagnie
Le sommet Animal Longevity Summit, première conférence mondiale consacrée à la longévité animale, a réuni début octobre des experts en biomédecine. La discipline au cœur des discussions, la géro-science, étudie les mécanismes biologiques du vieillissement et leur lien avec les pathologies chroniques. Selon les données présentées, l’intérêt croissant des investisseurs pour cette branche de la médecine vétérinaire stimule le développement de solutions allant de la génétique à la cryopréservation.
Les recherches sur la longévité canine par Loyal
La société américaine Loyal développe actuellement plusieurs médicaments visant à étendre la durée de vie des chiens. Ses recherches portent notamment sur le rapamycine, un composé qui agirait de manière similaire à une restriction calorique prolongée en réduisant les niveaux d’IGF-1, une hormone favorisant la croissance cellulaire que les scientifiques jugent responsable du vieillissement précoce chez les grandes races.
La société mène actuellement une étude clinique d’envergure, impliquant plus de 1 200 chiens dans 70 cliniques, pour tester son médicament LOY-002 sur des chiens âgés de 10 ans et pesant au moins 14 kilogrammes. Loyal prévoit également de soumettre ses versions LOY-001 (injectable) et LOY-003 (comprimé) pour une approbation conditionnelle d’ici 2027.
Thérapies géniques et stratégies thérapeutiques
D’autres entreprises explorent des traitements ciblés pour des pathologies spécifiques. La firme Rejuvenate Bio, basée à San Diegu, travaille sur une thérapie génique visant l’insuffisance mitrale, une maladie cardiaque courante chez les chiens. Noah Davidsohn, cofondateur de l’entreprise, envisage à terme d’élargir cette approche pour traiter les syndromes métaboliques.
De son côté, Genflow Biosciences développe une thérapie génique pour lutter contre la sarcopénie — la perte de masse musculaire — chez les chiens, avec l’espoir d’appliquer ces mêmes méthodes à la médecine humaine en cas de succès. Parallèlement, The Cat Health Company, basée à Bucarest, teste deux composés destinés à traiter le déclin musculaire et les maladies rénales chez les chats.
Les limites de la cryopréservation
Le sommet a également abordé la cryopréservation, un domaine exploré par des entreprises comme Cryopets. Cette technique consiste à refroidir des tissus ou des organismes à des températures extrêmement basses pour préserver leur intégrité biologique. Cependant, le coût reste prohibitif : le processus peut atteindre des milliers de dollars pour un chat et encore davantage pour un grand chien.
La cryopréservation est toujours une possibilité future; jusqu’à présent, aucun animal domestique (ni aucun être humain) n’a été soumis à ce processus et réanimé par la suite.
À ce jour, la communauté scientifique n’a trouvé aucun moyen de réanimer un corps, un tissu ou une cellule ayant subi ce processus, reléguant ces pratiques à des recherches prospectives sans application clinique immédiate.
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