Meurtre de Miguel Uribe Turbay : Soupçons d’Infiltration de sa Sécurité

L’enquête sur le magnicidio de Miguel Uribe Turbay révèle des soupçons d’infiltration au sein de son dispositif de protection, alimentés par un numéro suspect dans le téléphone de l’un des condamnés et des analyses de géolocalisation qui interrogent les autorités colombiennes quant à la fuite d’informations sensibles.

Plus d’un an après l’assassinat du sénateur et pré-candidat présidentiel Miguel Uribe Turbay, survenu le 7 juin 2025, l’instruction judiciaire met en lumière de nouvelles zones d’ombre.

Le témoignage d’alias Churco et le contact suspect dans le téléphone

La piste de cette potentielle trahison interne a surgi de la déclaration judiciaire d’Eduardo Jesús Moreno Medina, désigné sous le pseudonyme de Churco. Selon le récit livré aux enquêteurs à la fin du mois de juillet 2025, l’organisation criminelle ne se contentait pas d’une surveillance extérieure.

Meurtre de Miguel Uribe Turbay : Soupçons d'Infiltration de sa Sécurité
Photo: Kchcomunicacion

Dans l’appareil de communication d’alias Chipi, les enquêteurs ont repéré un contact enregistré sous les dénominations de Escolta del senador ou Escolta senador. Le témoin a affirmé avoir assisté à la fin du mois de mai 2025 à un échange téléphonique via WhatsApp depuis ce répertoire dans un atelier de motos situé dans le secteur d’Engativá.

La conversation, d’une durée inférieure à trois secondes, s’est refermée sur cette brève mention qui, pour les enquêteurs, suggère une transmission quasi instantanée d’informations relatives aux déplacements de la cible.

La géolocalisation des véhicules blindés et les recoupements de la Fiscalía

Pour vérifier la réalité de ces contacts, la Fiscalía croise à présent les données de positionnement global des camionnettes blindées affectées au dispositif avec l’activité des lignes téléphoniques.

Meurtre de Miguel Uribe Turbay : Soupçons d'Infiltration de sa Sécurité
Photo: Pulzo

Les investigations cherchent également à déterminer si les itinéraires suivis par les agents coïncident avec les points de rencontre identifiés par les autorités, dans un contexte où le dispositif de protection était composé de membres de la police et de personnel de la Unidad Nacional de Protección (UNP).

La détresse de la famille et la réaction du gouvernement national

Face à ces révélations, l’entourage de la victime fait part d’une profonde anxiété. María Claudia Tarazona, épouse de Miguel Uribe, a dénoncé publiquement l’absence de modification du dispositif de sécurité qui l’entoure, elle et ses enfants, malgré les alertes transmises aux autorités.

Caso Miguel Uribe: el contacto que puso bajo sospecha a su esquema de seguridad
Photo: Eluniversal

Du côté de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur, Rodrigo Lara, a qualifié ces informations de très préoccupantes, affirmant que les informations qui ont été connues sur la complicité ou la proximité présumée de membres de l’esquema de Miguel Uribe avec ses assassins sont très préoccupantes. À la suite d’une visite du directeur de la Policía Nacional de Colombia, des mesures immédiates ont été ordonnées pour réviser la protection de la famille, tandis que la UNP procède à une refonte de son encadrement.

Le mode opératoire et l’intimité familiale exposée

Les investigations menées sur les terminaux saisis auprès de la structure criminelle ont également mis au jour des éléments relatifs à la vie quotidienne des proches de l’ancien sénateur. Selon les informations recueillies par El Colombiano, les dossiers saisis contenaient des registres précis sur les habitudes de déplacement du foyer, renforçant l’hypothèse selon laquelle les auteurs disposaient de données logistiques impossibles à obtenir sans une observation de l’intérieur.

¿Qué falló en el esquema seguridad de Miguel Uribe Turbay? Habla director de la UNP

La question de savoir qui se cachait précisément derrière l’identifiant téléphonique incriminé demeure l’un des points centraux que l’organisme d’accusation doit élucider pour refermer les zones d’ombre de ce dossier.

L’hypothèse des repérages et la chronologie des faits

Les analyses de téléphonie et la découverte d’une photographie de Miguel Uribe datée du 29 de mai 2025 dans les dossiers numériques saisis confirment la minutie de la surveillance exercée en amont du crime.

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