La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a officiellement annoncé sa candidature pour un second mandat ce lundi 25 mai 2026. En s’inscrivant pour l’élection municipale d’octobre, elle entend poursuivre ses réformes sur le logement et l’abordabilité, malgré les critiques virulentes de son principal rival, le conseiller Brad Bradford.
Une candidature axée sur la continuité des services
Après des mois d’incertitude, la direction de la ville a été clarifiée. Selon CP24, Olivia Chow a officiellement enregistré sa candidature ce lundi, mettant fin aux spéculations qui entouraient son avenir politique depuis le début de l’année.

La mairesse, qui occupe ses fonctions depuis sa victoire lors d’une élection partielle en 2023, a précisé qu’elle ne lancerait pas de campagne active avant l’automne. Sa stratégie consiste à séparer ses obligations administratives de ses ambitions électorales, affirmant que son objectif immédiat est de livrer les services promis aux citoyens.

Parmi les dossiers qu’elle souhaite mener à terme, le financement du logement occupe une place centrale. Elle a notamment évoqué l’importance de débloquer les 8 milliards de dollars promis par les gouvernements provincial et fédéral afin de réduire les frais de développement. L’enjeu est de taille : la mairesse souhaite que les travaux puissent débuter durant la saison de construction actuelle pour éviter tout retard coûteux.
“Je suis de votre côté. Je l’ai toujours été et je le serai toujours,” a déclaré Olivia Chow lors de son intervention devant la presse à l’hôtel de ville.
Olivia Chow, mairesse de TorontoL’accusation de campagne aux frais des contribuables
L’annonce n’a pas manqué de provoquer une réaction immédiate et acerbe de la part de Brad Bradford. Le conseiller municipal, qui a déjà lancé sa propre course pour la mairie le 1er mai dernier, accuse l’administration actuelle d’utiliser des ressources publiques à des fins électorales.
Comme l’a rapporté Global News, Bradford a fustigé une série d’événements organisés par la mairesse qu’il considère comme des manœuvres de campagne déguisées. Pour lui, ces activités ont coûté des milliers de dollars aux contribuables sans leur consentement explicite.
“Pendant vingt-quatre jours, depuis que je suis entré dans cette course le 1er mai, la mairesse a organisé événement après événement, chacun coûtant des milliers de dollars aux contribuables de Toronto qu’ils n’ont pas consenti à dépenser pour une campagne. Ce n’était pas correct alors. Ce n’est pas correct maintenant. Et je suis heureux que ce soit terminé,” a affirmé Brad Bradford dans un communiqué.
Brad Bradford, conseiller municipalLe programme de Bradford se concentrera sur des thématiques de rupture, notamment la criminalité, la congestion urbaine et le coût de la vie. Il a exprimé une opposition frontale à la philosophie de gestion de l’actuelle mairesse :
“La mairesse a fait la paix avec l’insuffisance. Pas moi.”
Brad Bradford, conseiller municipalDes sondages favorables malgré la pression fiscale
Malgré les attaques de son adversaire, les données de terrain suggèrent que la mairesse conserve une avance notable. Selon les résultats d’un sondage de Liaison Strategies publié le 14 mai et analysés par NOW Toronto, Olivia Chow arrive en tête de la course.

Le rapport présente deux indicateurs distincts selon la composition de l’électorat :
- Parmi les électeurs ayant pris une décision : Olivia Chow recueille 50 % des voix, tandis que Brad Bradford suit avec 30 %.
- En incluant l’ensemble des électeurs : Le soutien à la mairesse s’établit à 38 %, contre 28 % pour son principal concurrent.
Cette avance doit toutefois être nuancée par le contexte économique de la ville. L’administration Chow a dû faire face à des hausses significatives des impôts fonciers pour équilibrer les budgets municipaux. Les chiffres enregistrés sont les suivants :
| Année | Augmentation des impôts fonciers |
|---|---|
| 2024 | 9,5 % |
| 2025 | 6,5 % |
| 2026 | 2,2 % |
La mairesse a justifié ces décisions difficiles comme étant nécessaires pour assurer la pérennité des services après des années d’austérité, tout en précisant que la hausse prévue pour 2026 est plus modérée.
La position prudente de la province
Alors que la bataille électorale s’annonce intense, les acteurs provinciaux observent la situation avec une certaine réserve. Lors d’une cérémonie de pose de la première pierre pour le nouveau Ontario Science Centre à Ontario Place ce lundi, le premier ministre Doug Ford a pris soin de ne pas s’engager dans la joute politique.
Bien qu’il ait exprimé une affinité personnelle pour la mairesse, Ford a réitéré qu’il ne soutiendrait aucun candidat et qu’il travaillerait avec quiconque serait élu pour diriger la métropole.
“Eh bien, j’aime beaucoup la mairesse. Je m’entends avec tout le monde. Peu importe leur appartenance politique. Je sais exactement d’où vient Olivia. Elle sait d’où je viens. Nous nous entendons très, très bien,” a déclaré Doug Ford.
Doug Ford, Premier ministre de l’OntarioL’élection du 26 octobre prochain promet de cristalliser les débats sur l’avenir de Toronto. Entre la volonté de continuité portée par Chow et l’exigence de changement prônée par Bradford, les électeurs devront trancher sur la direction à donner à la gestion des services publics et de la croissance urbaine.
