Nouvel échec pour la fusée Artemis II : la NASA face à de nouvelles fuites d’hydrogène
Cap Canaveral, Floride – La NASA a suspendu lundi soir et de nouveau mardi matin un test crucial de compte à rebours pour sa mission Artemis II, destinée à envoyer quatre astronautes autour de la Lune, en raison de fuites persistantes d’hydrogène liquide. Ce nouveau revers intervient alors que l’agence spatiale américaine tente de surmonter les difficultés techniques qui ont entravé le programme Artemis, visant à établir une présence humaine durable sur la Lune.
L’essai, surnommé “wet dress rehearsal” (répétition générale avec carburant), consistait à charger la gigantesque fusée Space Launch System (SLS) avec plus de 750 000 gallons d’oxygène et d’hydrogène liquides. Si la première phase de remplage s’est déroulée avec succès, une première fuite a été détectée au niveau d’une plaque d’umbilical, point de connexion entre la fusée et le système d’alimentation au sol. Les ingénieurs ont brièvement interrompu le remplissage, puis l’ont repris, espérant que la fuite diminuerait à mesure que le réservoir se remplirait. C’est ce qui s’est produit, permettant de compléter le remplage du réservoir principal.
Cependant, le compte à rebours a été à nouveau stoppé mardi, à seulement quatre minutes et trente secondes de la simulation d’allumage des moteurs, en raison d’une nouvelle fuite d’hydrogène, cette fois au niveau de la “queue de mât de service”. La NASA a annoncé sur les réseaux sociaux (voir tweet ci-dessous) que l’équipe de contrôle de lancement travaillait à sécuriser la fusée et à vidanger ses réservoirs.
[Tweet de NASASpaceflight : https://x.com/NASASpaceflight/status/2018558252582154588]
Ces fuites d’hydrogène, un problème récurrent lors des tests précédents, représentent un défi majeur pour la NASA. L’hydrogène liquide, utilisé comme carburant pour les moteurs principaux de la SLS, est extrêmement volatil et difficile à contenir. Les ingénieurs doivent identifier et corriger la source des fuites pour garantir la sécurité du vol.
La fenêtre de lancement pour Artemis II est limitée. La NASA dispose de seulement trois dates possibles en février (les 8, 10 et 11) pour lancer la mission. Si ces dates sont manquées, le lancement sera reporté à mars. La mission, qui emmènera les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen dans un voyage de neuf jours autour de la Lune, est cruciale pour le programme Artemis.
La SLS, avec ses 332 pieds de haut et sa poussée de 8,8 millions de livres, est la fusée la plus puissante opérationnelle au monde. Elle est au cœur de la stratégie de la NASA pour retourner sur la Lune et, à terme, préparer des missions habitées vers Mars.
Ce nouveau contretemps rappelle les difficultés rencontrées lors du premier vol d’essai de la SLS en 2022, qui avait également été retardé en raison de problèmes de fuites et de comportement inattendu du carburant. Des améliorations ont été apportées à la fusée et aux infrastructures au sol, mais le problème des fuites d’hydrogène persiste.
La directrice de lancement Charlie Blackwell-Thompson s’était montrée optimiste la semaine dernière, soulignant les leçons tirées du vol d’essai Artemis I. “Artemis I était le vol d’essai, et nous avons beaucoup appris pendant cette campagne”, avait-elle déclaré. “Les choses que nous avons apprises concernant la manière de charger ce véhicule, de charger l’oxygène liquide et l’hydrogène, ont toutes été intégrées à la manière dont nous avons l’intention de charger le véhicule Artemis II.”
Une conférence de presse est prévue mardi à 13h00 heure locale pour faire le point sur la situation et annoncer les prochaines étapes. L’avenir d’Artemis II, et par extension, le retour de l’humanité sur la Lune, dépendra des résultats de cette analyse approfondie. Le coût total du programme Artemis est estimé à plus de 93 milliards de dollars, ce qui souligne l’importance de résoudre ces problèmes techniques rapidement et efficacement.
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