Le chanteur de R&B Robert Sylvester Kelly, plus connu sous le nom de R. Kelly, a déposé une demande officielle auprès du président des États-Unis, Donald Trump, sollicitant une commutation de sa peine de 31 ans d’emprisonnement. Cette requête, révélée par des documents judiciaires rendus publics cette semaine par le bureau du « pardon attorney » (l’avocat chargé des grâces) du ministère de la Justice, est actuellement répertoriée comme étant en attente.
Détails des condamnations et situation carcérale
Âgé de 59 ans, l’artiste purge actuellement une peine combinée de 31 ans dans une prison fédérale de Caroline du Nord. Il ne devrait pas être libéré avant janvier 2046. Sa situation pénale résulte de deux affaires distinctes : * En 2021 : Il a été reconnu coupable à la tête d’une entreprise criminelle ayant recruté des femmes et des mineures à des fins d’activités sexuelles illégales et de pornographie, écopant de 30 ans de prison. * En 2022 : Il a été condamné à 20 ans de prison pour trois chefs d’accusation liés à des images pédopornographiques et trois chefs d’accusation de détournement de mineurs. Ces peines sont purgées en grande partie simultanément, à l’exception d’une année supplémentaire. R. Kelly a systématiquement nié toutes les allégations portées contre lui.

La stratégie de la défense : entre pression publique et recours officiels
L’avocat de R. Kelly, Beau Brindley, mène une campagne de lobbying public auprès de Donald Trump depuis plus d’un an. En juin 2025, lors d’une conférence de presse devant le tribunal fédéral Dirksen, Me Brindley avait affirmé que le président était « le seul à avoir à la fois le pouvoir et le courage » de libérer le chanteur. L’équipe juridique a également tenté d’obtenir une libération immédiate par la voie judiciaire. En 2025, une motion d’urgence a été déposée, arguant que la vie de l’artiste était en danger au sein de l’établissement pénitentiaire. La défense alléguait qu’un complot impliquant des responsables de la prison visait à faire tuer le chanteur par un codétenu en phase terminale en échange d’une remise de peine. Ce recours a été rejeté par un juge. Malgré l’échec de ses précédents appels devant les juridictions supérieures, Me Brindley continue de poursuivre une demande de nouveau procès à Chicago.

Le processus de grâce présidentielle en question
La demande de commutation déposée par R. Kelly ne constitue pas une demande de pardon complet. Si elle était accordée, elle annulerait la durée de sa peine tout en maintenant sa condamnation intacte. Historiquement, le bureau de l’avocat chargé des grâces au sein du ministère de la Justice suit un processus structuré et multi-niveaux pour examiner les demandes avant de soumettre une recommandation à la Maison-Blanche. Cependant, des observateurs, tels que Mark Osler, professeur de droit et avocat spécialiste des grâces, ont souligné que le mécanisme est fragilisé par le fait que Donald Trump a souvent pris des décisions unilatérales, influencées par son cercle restreint, plutôt que de suivre les recommandations institutionnelles.
Contexte et précédents
Le cas de R. Kelly s’inscrit dans une série de sollicitations de célébrités auprès de Donald Trump pour obtenir une intervention juridique. Par le passé, Kim Kardashian avait réussi à convaincre le président de commuer la peine à perpétuité d’Alice Marie Johnson en 2018. Le recours de R. Kelly est décrit comme une tentative désespérée. « R. Kelly n’a pas le temps, avec sa vie en danger, de passer par les canaux normaux », avait déclaré Me Brindley en 2025 pour justifier le recours direct au président. À ce jour, il n’est pas établi si Donald Trump accédera à cette demande.

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