Les incendies de forêt qui ont ravagé la France au cours de l’été 2026 s’annoncent d’une ampleur financière inédite. Selon un premier bilan publié par France Assureurs le vendredi 28 août 2026, les dommages assurés atteignent près de 500 millions d’euros, surpassant largement les vagues de feux de 2022.
Un bilan financier historique pour les assureurs en France
La fédération France Assureurs a rendu public ce premier bilan chiffré, qui témoigne de l’ampleur exceptionnelle des dommages
causés par les flammes dans le pays, comme l’a souligné la présidente de la fédération, Florence Lustman. Ce montant dépasse de loin les dégâts constatés lors des feux de forêt de l’été 2022. Entre le début du mois de juin et la fin du mois de septembre 2022, les incendies avaient donné lieu à environ 2.000 déclarations pour un coût global de 80 millions d’euros.
Ce coût de 500 millions d’euros pourrait encore être révisé à la hausse. Le calcul actuel repose sur les dossiers recensés jusqu’à la mi-août, alors que les sinistrés disposaient exceptionnellement d’un délai étendu jusqu’au 31 août pour déclarer leurs dégâts auprès de leur compagnie. L’événement a été qualifié d’inédit par les acteurs de la profession, qui font face à une situation sans équivalent depuis deux décennies.
Adrien Couret, directeur général d’Aéma Groupe, a déclaré via France 24 qu’il s’agissait véritablement d’un événement nouveau et exceptionnel pour eux.
Particuliers, professionnels et pertes d’exploitation face aux flammes
Sur les 25.000 dossiers enregistrés auprès des assureurs pour cet été 2026, la grande majorité concerne les biens des citoyens. Pas moins de 21.000 dossiers touchent des biens de particuliers, un chiffre qui inclut la prise en charge des frais de relogement pour une partie des 30.000 personnes ayant reçu l’ordre des autorités d’évacuer leur foyer. Les dégâts matériels touchent également de plein fouet les professionnels et les collectivités territoriales, avec près de 3.000 déclarations recensées dans ces secteurs.
Parmi ces professionnels, les artisans, commerçants, entreprises et agriculteurs ont ouvert plus de 1.800 dossiers au titre des pertes d’exploitation
. Ces déclarations correspondant à la chute de chiffre d’affaires et de revenus engendrée par l’arrêt forcé de l’activité économique. Évaluées à près de 30 millions d’euros, ces pertes d’exploitation sont survenues dans la quasi-totalité des cas sans que les entreprises ne subissent de dégâts matériels directs. La fédération a par ailleurs confirmé que pour la quasi-totalité des sinistres habitation ou entreprise nécessitant une expertise, une visite avait déjà eu lieu ou était planifiée dans les jours suivants.
La Gironde et le Var durement touchés dans un contexte climatique extrême
Cette facture financière s’inscrit dans un paysage climatique lourd, marqué par des canicules à répétition et une sécheresse historique au cours de l’été 2026. Près de 100.000 hectares de forêt sont partis en fumée sur l’ensemble du territoire, constituant un record sur vingt ans de mesures satellitaires. Le sinistre le plus destructeur a frappé la Gironde à la mi-juillet, où 42.000 hectares ont été dévorés, du jamais vu depuis 1949. Le village du Porge a été le plus touché, avec environ 180 habitations détruites.
Face à cette crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était rendu dans la région à la mi-août pour affirmer sa volonté de sortir l’artillerie lourde
. Il avait alors annoncé un train de mesures comprenant 12 millions d’euros d’aides immédiates, un dégrèvement fiscal pour les entreprises touchées ainsi qu’une accélération dans la délivrance des permis de construire pour les habitations à reconstruire.
L’avenir de l’assurance face aux risques climatiques
L’ampleur de ces sinistres relance le débat sur la viabilité économique du modèle assurantiel face à l’intensification des catastrophes climatiques. Interrogé sur la possible apparition de zones devenues non-assurables, Adrien Couret a estimé qu’il s’agissait d’une question qu’il faudrait se poser à l’avenir au niveau du secteur. Il a insisté sur la nécessité de développer une politique de prévention et d’adaptation du territoire beaucoup plus vigoureuse en anticipant les zones exposées aux submersions marines, aux inondations et aux incendies.

De son côté, le directeur général de la Maif, Pascal Demurger, a plaidé pour la mise en place d’une régulation et d’une mutualisation
entre assureurs. Sans une telle intervention, il a mis en garde contre le risque de voir des compagnies se retirer des régions les plus exposées par manque de rentabilité, laissant certains territoires sans couverture possible si le marché est laissé à lui-même.
Une menace similaire observée à l’international
L’Environmental Management Agency (EMA) a ainsi enregistré des centaines d’incidents destructeurs au cours de la saison des feux, détruisant d’importantes surfaces de terres ainsi que des infrastructures énergétiques essentielles.
À l’instar des dirigeants français qui réclament une anticipation accrue des risques, les représentants de l’agence environnementale zimbabwéenne soulignent que la protection des écosystèmes et des infrastructures ne peut reposer sur un seul secteur. Amkela Sidange, responsable de l’éducation environnementale et de la publicité à l’EMA, a résumé cette exigence en rappelant que la prévention des feux de brousse exige la mobilisation conjointe des communautés, des services gouvernementaux et des agriculteurs.
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