Slovénie : la dépendance aux importations alimentaires s’accroît

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, la Slovénie fait face à une dépendance croissante aux importations pour son approvisionnement en denrées de base, tandis que le gouvernement et l’industrie agroalimentaire s’efforcent de renforcer la production locale et la digitalisation.

La dépendance aux importations augmente alors que la production locale diminue

Les données publiées à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation montrent que le pays importe une grande partie de ses fruits et légumes, tandis que l’autosuffisance s’efferode dans plusieurs secteurs clés selon les analyses statistiques disponibles.

En 2025, le taux d’autosuffisance en légumes s’est établi à seulement 32 pour cent, celui des fruits à 21 pour cent, et celui des pommes de terre à 34 pour cent, des chiffres en recul par rapport à l’année précédente d’après les précisions de la radiotélévision publique. Le volume de production des fruits a chuté à environ 64 000 tonnes, soit une baisse de 30 pour cent sur un an, tandis que la récolte de légumes a atteint près de 80 000 tonnes, marquant un recul de six pour cent.

Le secteur agroalimentaire reste un pilier économique malgré les défis

Malgré ces difficultés de production, le secteur agroalimentaire demeure un pilier de l’économie nationale.

À cela s’ajoute l’activité de 286 sociétés agricoles, qui ont affiché près de 268 millions de euros de revenus et 86,3 millions de euros de valeur ajoutée avec 1 616 salariés.

Slovénie : la dépendance aux importations alimentaires s'accroît
Photo : Finance

« Les entreprises agricoles et agroalimentaires en Slovénie prouvent qu’elles peuvent, même dans des conditions difficiles, développer des solutions d’avenir grâce au savoir, à l’ingéniosité et à des investissements responsables », a déclaré Tatjana Zagorc, directrice de la Chambre des entreprises agricoles et agroalimentaires de Slovénie.

Le gouvernement mise sur la digitalisation pour surmonter les crises

Face aux défis climatiques et économiques, le gouvernement mise sur l’innovation technologique. Le ministre de l’Agriculture, Janez Cigler Kralj, a souligné que les outils numériques doivent avant tout alléger la charge de travail des exploitants comme l’indiquent les communiqués officiels de l’exécutif.

« La digitalisation déchargera l’agriculteur afin qu’il ait davantage de temps pour son activité principale et pour sa famille », a affirmé Janez Cigler Kralj, ministre de l’Agriculture.

Parallèlement, des investissements ont soutenu l’achat de machines guidées par satellite pour l’agriculture de précision.

Slovénie : la dépendance aux importations alimentaires s'accroît
Photo : Rtvslo

Des critiques sur la consultation de la nouvelle politique agricole

Cependant, l’élaboration de la nouvelle politique agricole pour la période 2028-2034 suscite des tensions. Plusieurs organisations non gouvernementales ont vivement critiqué l’exclusion de certains interlocuteurs majeurs du processus de consultation d’après les informations diffusées par les médias locaux.

« Bien que notre sécurité alimentaire soit déjà menacée par le changement climatique et les chocs géopolitiques, certains acteurs clés n’ont pas été invités à préparer la nouvelle politique, notamment l’Association des consommateurs de Slovénie (ZPS) et le groupe de travail sur l’agriculture biologique et l’autosuffisance du réseau Plan B pour la Slovénie », ont déclaré des représentants d’organisations non gouvernementales selon la radiotélévision slovène.

Nouvelle législation sur l’alimentation : un débat en cours

Le ministère a soumis en début de mois un projet de modification de la loi sur l’alimentation destiné à ouvrir un débat d’un mois d’après le suivi assuré par les associations environnementales. Ce texte vise à encadrer les labels de qualité, l’étiquetage des denrées, la réduction des déchets alimentaires et l’approvisionnement des cantines publiques en produits locaux.

Les autorités et les partenaires sociaux s’accordent sur la nécessité de modifier les habitudes de consommation et de renforcer les chaînes d’approvisionnement courtes pour préserver la viabilité des exploitations face aux chocs géopolitiques futurs selon les données humanitaires internationales rappelées par la diplomatie slovène.

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