Le juge fédéral Darrin Gayles a rejeté définitivement samedi la plainte en diffamation de 10 milliards de dollars déposée par Donald Trump contre The Wall Street Journal et son propriétaire Rupert Murdoch, estimant que le plaignant n’a pas démontré d’intention malveillante.
La décision rendue à Miami met un terme définitif à cette procédure, le magistrat ayant prononcé un rejet avec préjugé qui empêche le président de déposer une nouvelle version modifiée. L’affaire portait sur un article publié en juillet 2025 décrivant une lettre d’anniversaire suggestive de 2003 attribuée à Donald Trump et retrouvée dans un album préparé pour les 50 ans de Jeffrey Epstein.
Le rejet de la plainte et le critère de malice réelle
Le juge Darrin Gayles a fondé son ordonnance sur la jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis établie en 1964 dans l’affaire New York Times Co. v. Sullivan, qui impose aux personnalités publiques de prouver que les organes de presse ont agi en connaissant la fausseté des faits ou avec un mépris insouciant de la vérité. Le tribunal a jugé les accusations du plaignant vagues et non fondées.
La plainte modifiée ne démontre pas à suffisance une intention malveillante.
Darrin Gayles, juge fédéral américain
Le magistrat a également relevé que le quotidien n’avait ni ignoré ni minimisé les dénégations de Donald Trump, le journal ayant pris soin d’informer ses lecteurs que l’intéressé qualifiait le courrier de faux. L’équipe juridique du président a toutefois indiqué sa ferme intention d’interjeter appel de cette décision pour poursuivre le journal et l’ensemble des défendeurs, selon CNBC.
Chronologie et documents de l’affaire Epstein
La procédure judiciaire avait débuté en juillet 2025, après la parution de l’enquête menée par The Wall Street Journal. Les avocats de Donald Trump avaient ensuite assigné Dow Jones, News Corp, Rupert Murdoch ainsi que deux journalistes de la rédaction. En avril, le juge Gayles avait écarté une première version de la plainte tout en accordant un délai pour soumettre une version amendée, déposée en mai 2026.

Par la suite, en septembre 2025, une commission de la Chambre des représentants avait rendu publics des documents issus de la succession de Jeffrey Epstein, incluant une page d’album conforme à la description du journal. Le tribunal a toutefois refusé d’intégrer ces pièces au dossier en raison de la contestation de leur authenticité par le plaignant. Désormais, les défendeurs disposent d’un délai de trente jours pour réclamer le remboursement de leurs frais de justice en vertu des lois anti-SLAPP qui protègent le débat public contre les poursuites bâillons.
En savoir plus sur Donald Trump
Sur le même sujet