Le juge fédéral Darrin P. Gayles a rejeté le 31 octobre 2025 la plainte en diffamation de 10 milliards de dollars déposée par Donald Trump contre le Wall Street Journal et sa maison mère, mettant fin à la procédure avec préjugé devant le tribunal de district américain pour le sud de la Floride.
Le rejet définitif de la plainte par le tribunal fédéral de Floride
La deuxième tentative judiciaire de l’ancien président américain s’est soldée par un échec complet. Saisie d’une action en diffamation visant les révélations du journal sur ses liens avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, la justice américaine a tranché de manière définitive. Le juge Darrin P. Gayles a prononcé un rejet avec préjugé, interdisant à Donald Trump de porter à nouveau cette affaire devant les tribunaux.
Dans une décision de vingt pages, le magistrat a estimé que le plaignant ne démontrait aucune intention malveillante réelle, un standard juridique impératif pour les personnalités publiques dans les affaires de diffamation aux États-Unis. Le magistrat a souligné que les avocats du président n’étaient pas parvenus à prouver le caractère frauduleux des informations publiées. Les arguments présentés ont été qualifiés de vagues, conclusifs et parfois déconnectés de la réalité du dossier, le tribunal estimant que la défense n’apportait aucun élément tangible démontrant que les journalistes ignoraient la véracité de leurs écrits au moment de la publication.
Darrin P. Gayles a déclaré : « Comme lors de sa première tentative, il a échoué. »
Les détails de l’enquête initiale du Wall Street Journal sur Jeffrey Epstein
L’origine de ce conflit judiciaire remonte à une enquête explosive publiée en juillet 2025 par le grand quotidien financier. Le journal avait révélé l’existence d’une lettre d’anniversaire manuscrite envoyée à Jeffrey Epstein à l’occasion de ses cinquante ans, accompagnée d’un dessin représentant la silhouette d’une femme. L’article affirmait que ce document provenait de Donald Trump, citant une formule énigmatique figurant sur la carte.

La publication avait immédiatement provoqué une onde de choc au sommet de la sphère politique américaine, coïncidant avec une période de critiques intenses sur la gestion des dossiers Epstein. Le texte mis en cause contenait notamment la phrase que chaque jour soit un autre merveilleux secret
, selon les révélations du quotidien. Le journal a maintenu l’intégralité de ses informations, affirmant par la voix de ses conseils juridiques que la procédure engagée ne comportait pas la moindre allégation plausible propre à remettre en cause la véracité du reportage.
La riposte de Donald Trump et la confrontation avec la famille Murdoch
Furieux face à ces révélations, le dirigeant républicain avait vivement réagi sur sa plateforme Truth Social. Il avait qualifié l’enquête de fausse et affirmé avoir averti en personne l’influent propriétaire du groupe, Rupert Murdoch, alors âgé de 95 ans, qu’une action en justice serait lancée pour s’attaquer à la fortune familiale de sa dynastie médiatique. Forbes évalue la valeur nette de la famille à 25 milliards de dollars.
Donald Trump had réclamé un dédommagement financier s’élevant à 10 milliards de dollars à l’encontre de News Corp, du Wall Street Journal et de la direction. Malgré ses dénégations répétées concernant la paternité de la lettre et de la signature qui y figurait, la justice a estimé que le travail d’investigation mené en amont par la rédaction témoignée d’un sérieux irréprochable.
Donald Trump a affirmé : « Le président Trump poursuivra prochainement The Wall Street Journal, NewsCorp et M. Murdoch en justice. »
Le juge salue la rigueur de l'enquête journalistique
Le juge Gayles a tenu à saluer la rigueur de la démarche adoptée par les journalistes avant la diffusion de leur article. Le tribunal a mis en avant le travail d’enquête approfondi conduit par la rédaction, ainsi que les démarches entreprises auprès des équipes de l’ancien président pour recueillir leurs commentaires et leurs versions des faits de manière préalable.
Pour la juridiction fédérale, la simple contestation de la part du plaignant et son refus d’admettre les faits ne suffisent pas à caractériser une faute professionnelle de la part du média. Le magistrat a rappelé que la liberté de la presse protège les enquêtes minutieuses reposant sur des vérifications sérieuses, même face aux personnalités les plus puissantes.
Darrin P. Gayles a souligné : « Ce n’est pas ce que le standard d’intention malveillante réelle exige et cela va à l’encontre du Premier Amendement. »
Le jugement clôt définitivement le volet judiciaire
Cette décision clôt définitivement le volet judiciaire de cette confrontation entre la maison mère du quotidien économique et la défense de l’ancien chef de l’État. Aucun recours ultérieur ne sera possible sur le fond de cette même accusation, le caractère définitif du jugement écartant toute nouvelle tentative de saisine pour ces faits.
Pour aller plus loin