Trois hommes ont comparu lundi à Ensenada, au Mexique, à l’ouverture de leur procès pour le meurtre en avril 2024 de deux frères surfeurs australiens, Jake et Callum Robinson, et de leur ami américain Jack Carter Rhoad. Les procureurs réclament plus de 200 ans de réclusion criminelle pour chaque accusé dans cette affaire de vol qui a profondément ému l’Australie et les États-Unis.
Le drame, qui s’est noué sur une plage isolée de la péninsule de Basse-Californie, a conduit les parents des victimes à faire le déplacement. Martin et Debra Robinson ont assisté à cette première journée d’audiences dans la ville côtière d’Ensenada, entourés d’un dispositif judiciaire sous tension. Selon les éléments rapportés par la BBC, l’ouverture du procès a nécessité le transfert des accusés vers une salle plus petite à la suite d’allégations d’intimidations visant certains témoins.
Les familles en quête de vérité au tribunal d’Ensenada
L’arrivée des proches des victimes au tribunal a marqué les esprits sur place, les parents cherchant à donner un visage humain à la procédure.

Nous voulons que les hommes accusés d’avoir assassiné nos fils voient, en personne, les conséquences humaines de ce qui s’est passé. Martin et Debra Robinson, parents des victimes, dans une déclaration transmise par l’ABC
Les parents ont suivi les débats avec l’aide d’un interprète et en présence de l’ambassadeur d’Australie au Mexique, le tribunal n’ayant pas autorisé la traduction simultanée officielle dans la salle.
Une tentative de vol de pick-up qui a dégénéré
Les faits remontent à la fin du mois d’avril 2024. Les trois touristes étrangers campaient sur une plage isolée lorsqu’ils ont été abattus par balles, leurs corps étant ensuite retrouvés avec des impacts de balle à la tête. D’après l’enquête menée par les autorités locales, le mobile du crime était de dérober le véhicule des victimes. Le pick-up a ensuite été retrouvé incendié non loin des dépouilles.

L’enquête a progressé l’année précédente lorsqu’une première personne a été jugée et condamnée. Ary Gisell Silva, la compagne de l’un des mis en cause, a écopé de 20 ans de prison après avoir avoué avoir incité son petit ami et deux autres individus à commettre le vol.
Les témoignages clés de la première audience
Le procès, prévu pour s’étaler sur environ un mois et demi, doit examiner pas moins de 54 dépositions, dont 49 présentées par le ministère public. Dès le premier jour, trois témoins ont comparu à la barre. Parmi eux figurait le beau-fils de l’un des accusés, principal suspect surnommé El Kekas
. Témoignant depuis une pièce voisine avec le visage dissimulé pour des raisons de sécurité, ce jeune homme prénommé Ramon a raconté avoir conduit les suspects jusqu’au site avant de s’isoler dans le véhicule pour écouter de la musique.

Il a déclaré devant le tribunal qu’il avait entendu du grabuge, qu’il était descendu du pick-up et qu’il avait filé à toute vitesse jusqu’à la maison de son oncle, où il s’était caché dans la salle de bain, d’après les précisions de la chaîne publique britannique BBC. Il a ajouté que les accusés l’avaient rejoint par la suite pour le menacer, affirmant qu’il lui arriverait la même chose qu’aux gringos s’il brisait le silence.
Des parcours brisés et une onde de choc internationale
Le meurtre de ces trois trentenaires a provoqué une onde de choc considérable en Australie, aux États-Unis et au Mexique. Callum Robinson était un joueur professionnel de lacrosse aux États-Unis qui avait également représenté l’équipe nationale australienne, tandis que son frère cadet Jake s’apprêtait à entamer sa carrière de médecin à son retour d’un voyage décrit par ses proches comme l’accomplissement d’une passion commune. Leur ami Jack Carter Rhoad, entrepreneur résident en Californie, devait se marier quelques mois après cette tragique excursion.
Bien que l’État de Basse-Californie soit l’un des plus touchés par la violence liée au crime organisé et aux cartels de la drogue, les attaques mortelles ciblant spécifiquement des touristes étrangers y demeurent rares. Les autorités poursuivent désormais les trois accusés — Jesús Gerardo, Irineo Francisco et Ángel Jesús — pour homicides, vol avec violence et vol de véhicule, encourent des peines globales dépassant les deux siècles d’incarcération.
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