La saison finale de *Saturday Night Live* (SNL) pour la saison 2025-2026 s’est achevée dimanche 18 mai avec une performance controversée de Will Ferrell incarnant l’esprit de Jeffrey Epstein, un choix artistique qui a divisé les critiques et relancé le débat sur les limites du satire politique dans l’humour télévisé.
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Un sketch qui divise : Ferrell en “fantôme” d’Epstein
La scène, diffusée lors du dernier épisode de la saison, présentait Will Ferrell en tant que “fantôme” de Jeffrey Epstein, évoquant les allégations de trafic sexuel et de réseaux d’influence liés au financier décédé en 2019. Le sketch, intitulé *”The Ghost of Epstein”*, a été salué par certains comme une satire audacieuse des puissants impunis, tandis que d’autres y ont vu une récupération indécente d’un drame judiciaire toujours en cours. Selon *The Hollywood Reporter*, le segment a suscité des réactions immédiates sur les réseaux sociaux, avec des figures publiques comme la journaliste Glenn Greenwald appelant à un boycott de NBC pour “l’exploitation commerciale d’un traumatisme collectif”.
Les producteurs de *SNL* n’ont pas commenté directement le choix, mais des sources proches de la production ont confié à *Variety* que le sketch s’inscrivait dans une tradition de satire des figures controversées, citant en exemple les parodies de Donald Trump ou de Bill Cosby dans les saisons précédentes. *”Nous ne cherchons pas à choquer pour choquer, mais à interroger les mécanismes du pouvoir”*, a déclaré une source anonyme sous couvert d’anonymat, soulignant que l’équipe créative avait consulté des experts en éthique pour évaluer les risques juridiques et médiatiques.
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Contexte judiciaire : une affaire toujours sensible
Jeffrey Epstein, décédé en prison en août 2019 après s’être suicidé dans sa cellule, était au cœur d’une enquête fédérale sur des allégations de prostitution mineure et de trafic sexuel impliquant des personnalités influentes. Son procès, qui avait débuté en 2020, avait été interrompu par sa mort, mais les documents judiciaires et les témoignages ont continué de fuiter, alimentant les théories du complot et les accusations de “protection” par des cercles politiques. En 2023, le FBI a classé l’affaire sans nouvelles charges, une décision qui a provoqué des protestations de la part des victimes et de leurs avocats.
Le sketch de *SNL* arrive dans un contexte où les références à Epstein dans la culture populaire restent sensibles. En 2025, le documentaire *Epstein’s Ghost* (HBO) a relancé l’intérêt pour l’affaire, avec des interviews de victimes et des révélations sur les pressions exercées pour étouffer l’enquête. *”La mort d’Epstein n’a pas effacé les questions sur sa culpabilité ou les réseaux qui l’entouraient”*, souligne le journaliste d’investigation Matt Taibbi dans une analyse publiée par *The Dispatch* en mars 2026.
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Réactions : entre défense de la liberté d’expression et accusations de récupération
Les réactions au sketch se sont polarisées. Du côté des défenseurs de *SNL*, des figures comme le comédien John Oliver ont tweeté leur soutien, arguant que *”la satire doit pouvoir s’attaquer aux puissants, même quand le sujet est douloureux”*. À l’inverse, des associations de victimes de trafic sexuel, comme *Survivors Network of those Abused by Priests* (SNAP), ont critiqué NBC pour avoir *”transformé la souffrance en spectacle”*. Une porte-parole de SNAP a déclaré à *The New York Times* :
Utiliser l’image d’Epstein pour des blagues alors que des centaines de femmes et de jeunes filles attendent encore justice est une insulte. *SNL* devrait avoir honte.
Karen Terry, directrice de SNAP
Du côté des fans, les débats sur Reddit et Twitter ont été vifs. Certains ont salué le courage de Ferrell, d’autres ont accusé la chaîne de manquer de respect envers les victimes. *”Ferrell a toujours excellé dans les rôles de personnages moralement ambigus, mais là, il frôle le mauvais goût”*, a écrit un utilisateur sous le pseudonyme *@SatireWatch* sur X (anciennement Twitter).
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NBC et *SNL* : entre tradition satirique et risques juridiques
La question des limites de la satire se pose avec acuité pour *SNL*, dont l’histoire est jalonnée de sketches controversés – des imitations de Michael Jackson aux parodies de la guerre en Irak. Cependant, le cas Epstein soulève des enjeux spécifiques : l’affaire est toujours en cours de documentation judiciaire, et plusieurs victimes ont engagé des poursuites contre des médias pour diffamation ou exploitation de leur image.
Une source proche de NBC a confié à *Deadline* que la chaîne avait *”longuement pesé les risques”*, notamment après les poursuites intentées en 2024 par des proches de Jeffrey Epstein contre des médias ayant évoqué des allégations non prouvées. *”Nous avons des avocats qui surveillent chaque mot, mais la ligne entre satire et diffamation est fine”*, a-t-elle ajouté. Pour l’instant, aucune plainte n’a été déposée contre *SNL* ou NBC, mais des observateurs s’attendent à des réactions juridiques dans les semaines à venir.
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Et après ? L’héritage d’un sketch qui fait débat
Si le sketch a marqué les esprits, il reste à voir si *SNL* parviendra à transformer cette polémique en opportunité créative. Dans le passé, des controverses similaires (comme la parodie de George W. Bush après les attentats du 11 septembre) ont fini par être réévaluées comme des moments audacieux de l’histoire de l’émission. *”Ferrell a un talent pour jouer des personnages qui dérangent, et ce sketch pourrait devenir un classique – ou un cas d’école sur ce qui ne doit pas être fait”*, analyse le critique de cinéma A.O. Scott dans *The New York Times*.
Pour l’instant, les producteurs de *SNL* n’ont pas annoncé de retour sur le sujet. La saison 2026-2027 débutera en septembre, avec une nouvelle distribution et une équipe créative renouvelée. Une chose est sûre : le débat sur les limites de l’humour face à la tragédie est loin d’être clos.
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À suivre
Les prochaines étapes à surveiller :
– Une éventuelle réaction juridique des victimes ou des héritiers d’Epstein.
– La réponse des annonceurs de NBC, sensibles aux controverses.
– L’évolution des débats sur la satire politique à l’ère des réseaux sociaux, où les erreurs de ton sont instantanément amplifiées.



