Une manifestation non autorisée a dégénéré en violents affrontements dans le quartier de la Langstrasse à Zurich, dans la nuit du samedi 31 octobre 2026 au dimanche 1er novembre 2026. Des centaines de personnes masquées ont dressé des barricades enflammées, tandis que la police est intervenue à l’aide de canons à eau, de gaz lacrymogène et de tirs de balles en caoutchouc.
Les tensions ont débuté aux alentours de 22h30 lorsque plusieurs centaines de personnes, dont des individus encagoulés issus de la mouvance d’extrême gauche, se sont rassemblées près d’un restaurant sur la Langstrasse, comme le rapporte l’Aargauer Zeitung. Le rassemblement, qui avait débuté sous des airs de fête d’Halloween, s’est rapidement transformé en cortège non autorisé. Des feux d’artifice et des pétards ont été tirés, et la foule a progressé en direction du Helvetiaplatz en pillant des conteneurs à ordures pour ériger des barricades enflammées avec des vélos et des trottinettes en location.
La situation a atteint un point critique lorsque des agents de police ont tenté de porter secours à un adolescent blessé à la jambe lors d’un accident sur la Brauerstrasse. Un groupe d’émeutiers a pris pour cible la patrouille et endommagé le véhicule de service, contraignant les fonctionnaires à se replier avant de pouvoir administrer les premiers soins, d’après les informations de Heute. La Ville de Zurich a également dû faire face à la destruction de vitrines de magasins et à l’incendie de véhicules, dont une Tesla sur l’axe Zwinglistrasse et Kanonengasse.
Intervention des forces de l’ordre et dégâts dans les commerces
La police municipale de Zurich a déployé un important dispositif et a riposté en faisant usage de canons à eau, de gaz irritant et de tirs de balles en caoutchouc pour contenir la foule. La cohue a également touché des commerces locaux. L’ancien footballeur professionnel Patrick Bengondo, propriétaire de deux établissements dans le secteur, a témoigné de l’irruption de fauteurs de troubles devant son club de la Kernstrasse où des poubelles ont été enflammées à proximité immédiate de la bâtisse, selon le récit publié par Blick.
La police a indiqué que le travail des forces d’intervention a été considérablement entravé par la présence de nombreux curieux massés le long des axes pour filmer les affrontements. La situation ne s’est totalement apaisée qu’aux alentours de 1h30 du matin. La police cantonale, venue en renfort, a procédé à deux interpellations et à 18 expulsions de lieux. Les individus arrêtés sont deux citoyens suisses âgés de 19 et 21 ans, appréhendés sur un chantier alors qu’ils rassemblaient des projectiles et transportaient du matériel de dissimulation ainsi que des gants renforcés de sable de quartz, considérés comme des armes.
Vives tensions au Grand Conseil zurichois et réactions politiques
Les événements du week-end ont provoqué de profonds remous politiques. Réuni au Grand Conseil, le groupe parlementaire de l’Union démocratique du centre (UDC/SVP) a vivement attaqué la conseillère municipale et directrice de la sécurité Karin Rykart, exigeant que la police municipale adopte une ligne plus dure et réclamant l’examen d’un transfert de compétences à la police cantonale, rapporte GMX. Le chef du groupe UDC, Tobias Weidmann, a déclaré devant le parlement cantonal que la police devait faire preuve d’un soutien indéfectible face aux attaques, affirmant que les groupes violents devaient être cernés de manière ciblée.

Le parti du Parti libéral-radical (PLR/FDP) a également mis en cause la gestion des autorités locales, estimant que la tolérance à l’égard des occupations illégales favorisait un climat d’impunité, d’après les déclarations de Claudio Zihlmann rapportées par blue News. À gauche, les Verts et le Parti socialiste (PS) ont condamné les violences. Sabine Arnold, s’exprimant pour les Verts, a jugé que le choix de mener ces actions au milieu de la nuit excluait toute démarche politique pacifique. Du côté du Parti socialiste, le co-président Oliver Heimgartner a souligné que les actes commis visaient exclusivement la destruction et l’affrontement, n’ayant leur place nulle part dans la société.
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