La flambée des cours du cuivre, qui frôlent les sommets enregistrés en janvier sur le London Metal Exchange, s’explique en partie par les nouvelles restrictions imposées par la République démocratique du Congo sur l’exportation de minerais bruts, contraignant les industriels à privilégier la transformation locale.
Une envolée des métaux sur les marchés internationaux
Les marchés des métaux industriels ont connu une forte agitation le 6 août, portés par des tensions sur l’approvisionnement mondial en cuivre et en cobalt. À la Bourse des métaux de Londres, le contrat à trois mois pour le cuivre a atteint 14 369,5 dollars la tonne, se rapprochant du record historique de 14 527,5 dollars la tonne touché en janvier, selon les données de marché enregistrées lors de cette séance.
Cette progression rapide de la cotation est directement liée aux évolutions réglementaires en République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre. Les informations relayées par les agences financières indiquent que le pays restreint l’exportation directe de ses concentrés de cuivre et de cobalt afin d’encourager la mise en place d’une filière de transformation sur son territoire.
La stratégie des industriels face aux restrictions congolaises
Face à ce tournant réglementaire, la stratégie des exploitants sur place a dû s’adapter rapidement. Les autorités locales cherchent à encourager la minoterie et la production de produits miniers commerciaux à haute valeur ajoutée, ce qui modifie en profondeur le modèle opérationnel des groupes miniers actifs dans la région.
Comme l’a indiqué un acteur de la filière lors d’un entretien avec la presse financière, la politique d’exportation de la République démocratique du Congo envisage de limiter l’exportation directe de concentrés de cuivre et de cobalt dans le but de contraindre les entreprises à effectuer la fusion sur place, soulignant que les entreprises minières chinoises disposant de capacités locales de fusion et de transformation possèdent une plus grande adaptabilité réglementaire.
Plusieurs acteurs majeurs du secteur disposent déjà d’installations de transformation sur place pour répondre à ces exigences.
Les investissements des groupes internationaux sur le terrain
Les grands opérateurs présents dans la région ont anticipé ces mutations en développant des capacités de raffinage et de fusion intégrées pour sécuriser leurs flux d’approvisionnement vers les marchés internationaux.
Du côté de Luoyang Molybdenum (China Molybdenum), la gestion des gisements TFM et KFM s’appuie sur des structures locales bien établies. L’entreprise détient une participation indirecte de 80% dans la mine de TFM, qui s’étend sur plus de 1 500 kilomètres carrés, et de 71,25% dans le site de KFM, dont la première phase est entrée en production au deuxième trimestre 2023. La deuxième phase de KFM est actuellement en construction et sa mise en service est planifiée pour 2027.
D’autres exploitants ont également consolidé leurs positions industrielles dans la région. La société Huayou Cobalt possède les gisements de Rususi et Rukuni, disposant ainsi d’une chaîne complète allant de l’extraction au raffinage du cuivre et du cobalt.
Perspectives d’approvisionnement pour l’industrie de transformation
Pour les pays importateurs, et en particulier pour la Chine qui dépend fortement des approvisionnements africains en cobalt, ces barrières à l’exportation de matières brutes redéfinissent l’équilibre des chaînes d’approvisionnement. Selon les données de l’Association internationale du cobalt, la demande mondiale s’est élevée à environ 214 000 tonnes en 2025, affichant une progression de 4,4 %, pour une offre effective estimée à environ 120 000 tonnes.
Des entreprises comme Hanrui Cobalt ont dû engager des démarches administratives pour obtenir des exemptions d’exportation dans le cadre des quotas mis en place l’an dernier. Parallèlement, Stellatus Mining indique dans son rapport semestriel que le marché du cobalt reste globalement sous tension, malgré l’arrivée progressive des volumes autorisés par les quotas congolais, pénalisé par la faiblesse de la demande dans l’électronique grand public et par la généralisation des technologies de batteries à haute teneur en nickel et faible teneur en cobalt.
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