Une action de préservation menée le long de la côte adriatique croate tente de sauver la grande nacre, la plus grande bivalve de Méditerranée. Selon les experts du ministère de la Protection de l’environnement et de la Transition verte, il ne reste qu’une dizaine de spécimens vivants de cette espèce menacée.
Sous la surface de l’Adriatique se déroule une urgence écologique majeure pour la plus grande espèce de mollusque bivalve de la Méditerranée. Autrefois commune et présente par milliers, la grande nacre (Pinna nobilis) fait face à un déclin dramatique qui a réduit sa population à une poignée de survivants le long de la côte croate.
Une campagne de recensement menée par le Ministère de la Protection de l’Environnement
Face à l’effondrement des populations, le ministère croate de la Protection de l’environnement et de la Transition verte a lancé, pour la sixième année consécutive, une vaste campagne de signalement. L’appel s’adresse directement aux citoyens, plongeurs et baigneurs afin qu’ils signalent toute observation potentielle de spécimens vivants de Pinna nobilis, selon Danas.
Chaque signalement s’avère d’une importance capitale pour les chercheurs. Il permet de localiser les derniers individus viables et d’orchestrer des mesures de préservation ciblées. Les observations peuvent être transmises directement via le site officiel du ministère ou par le biais de l’application iNaturalist, d’après les informations rapportées par le média.
Comment identifier une grande nacre vivante en plongée
Distinguer un spécimen vivant d’une coquille vide demande de la méthode. Pour vérifier l’état d’un mollusque, les experts recommandent de passer délicatement la main dans l’eau au-dessus de la coquille, sans jamais toucher sa structure. Si l’animal est vivant, il réagira immédiatement en fermant ses valves, rapporte Danas.
La prudence reste toutefois de mise sous l’eau. Les coquilles vides des spécimens morts sont fréquemment colonisées par des huîtres. Ces dernières réagissent également aux stimuli extérieurs, ce qui peut induire les plongeurs en erreur et laisser croire à tort que la grande nacre est encore active.
Le piège des coquilles vides et l’impact d’une maladie mortelle
La morphologie de l’espèce complique l’évaluation sur le terrain. Environ un tiers du corps de la grande nacre se trouve enfoui dans le sédiment marin. Par conséquent, une coquille vide peut demeurer dressée à la verticale pendant des années, simulant la présence d’un organisme vivant jusqu’à ce que les vagues, les courants ou le temps finissent par la faire basculer au fond de l’eau.
Ces dernières années, la population de cette espèce endémique a été presque entièrement décimée par une maladie fulgurante qui s’est propagée à travers toute la Méditerranée. Les scientifiques ciblent désormais leurs recherches sur les rares rescapées de cette épidémie, qui représentent l’ultime espoir de régénération pour l’espèce.
Des mesures de conservation et des récompenses pour les découvreurs
Coordonnée par l’Institut de protection de la nature rattaché au ministère croate, l’initiative s’intitule officiellement le projet « Očuvanje velikog periske u Jadranskom moru » (Conservation de la grande nacre dans la mer Adriatique). Le Fonds pour la protection de l’environnement et l’efficacité énergétique de la Croatie apporte un soutien financier à ce programme.
Sur le terrain, les spécialistes multiplient les interventions :
- Inspections régulières des sites abritant des spécimens vivants
- Installation de collecteurs pour capter les jeunes larves de mollusques
- Maintien d’individus dans des conditions contrôlées hors de leur milieu naturel
- Campagnes de sensibilisation du grand public à l’importance de la biodiversité marine
Pour stimuler la participation citoyenne, les inventeurs d’un nouveau spécimen vivant et authentifié se verront attribuer le privilège de nommer la coquille. Ils recevront également en guise de récompense un billet d’entrée familial valable pour un parc national croate, un parc naturel ou une autre institution partenaire du projet, selon Danas.
Sources: Danas.
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