Salariés de l’Auto Allemande Manifestent Contre les Fermetures d’Usines

Le 21 septembre 2026, l’industrie automobile allemande fait face à une mobilisation nationale d’envergure, marquée par quelque 280 rassemblements à travers le pays. Les salariés protestent contre les menaces de fermeture d’usines, la concurrence chinoise et les difficultés économiques du secteur.

L’industrie automobile allemande, pilier traditionnel de l’économie du pays, traverse une zone de turbulences profondes.

Une mobilisation nationale inédite à Hanovre et dans tout le pays

Le lundi 21 septembre 2026, environ 280 rassemblements ont été organisés à travers l’Allemagne. À Hanovre, dans le nord-ouest du pays, la manifestation a rassemblé principalement des salariés de Volkswagen, aux côtés d’employés d’équipementiers également touchés par la crise, à proximité d’une usine du constructeur menacée de fermeture à l’horizon 2030.

Le cortège a résonné au son des trompettes, des sifflets et des chansons. En tête, une banderole du syndicat IG Metall affichait le mot d’ordre : L’avenir plutôt que les coupes sombres. D’autres pancartes proclamaient Ce pays a besoin d’emplois sûrs ou encore Vous voulez la grève, nous sommes prêts.

Cette contestation sociale intervient au lendemain de deux revers électoraux essuyés par le camp conservateur du chancelier Friedrich Merz. Dimanche, le chef du gouvernement a en effet été battu par le parti d’extrême droite AfD dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et par le parti de gauche radicale Die Linke à Berlin, fragilisant ainsi sa position face aux urgences économiques.

Les exigences d’IG Metall et du comité d’entreprise de Volkswagen

Face à la contestation, Christiane Benner, la présidente du puissant syndicat IG Metall, a pris la parole pour galvaniser les troupes. Sous les tonnerres d’applaudissements de la foule, elle a martelé qu’il n’y avait parfois pas d’autre choix que de montrer les muscles.

Il s’agit ni plus ni moins de faire en sorte que l’Allemagne reste le pays de l’automobile.

Christiane Benner, présidente d’IG Metall

Christiane Benner a également pointé du doigt la direction de Volkswagen, qualifiant de scandale l’évocation d’une possible fermeture de l’usine de Hanovre parmi d’autres sites menacés. Elle a exhorté les entreprises du secteur à consentir à plus d’investissements dans les usines et les technologies.

De son côté, Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, a formulé des requêtes précises à l’échelle européenne et nationale. Elle a réclamé l’instauration de droits de douane compensatoires de l’Union européenne sur les véhicules hybrides chinois, plaidé pour une véritable politique européenne de soutien à l’industrie, et exigé une baisse du prix de l’électricité destinée aux entreprises en Allemagne.

Le plan d’économies de Volkswagen et le défi de la reconversion

Wolfgang Schroeder, politologue à l’Université de Kassel et spécialiste des relations sociales, a souligné auprès de l’AFP le caractère exceptionnel de ce mouvement : Une mobilisation nationale qui n’est liée ni à des négociations salariales ni à des conflits spécifiques dans une entreprise, mais à tout un secteur et à ses problèmes, c’est plutôt nouveau.

Le climat social est d’autant plus tendu que, début septembre, le conseil de surveillance de Volkswagen — où siègent représentants d’actionnaires et de salariés — a validé un vaste plan d’économies prévoyant la suppression de 50.000 emplois de plus d’ici 2030, après un train de mesures similaire décidé en 2024. Le sort de quatre usines menacées reste en suspens, bien que des alternatives soient à l’étude.

Pour sauver certains sites, le constructeur explore des pistes de reconversion, à l’instar de l’usine d’Osnabrück dans l’ouest du pays, qui doit fabriquer des composants pour la défense aérienne. À Hanovre, Aydan Özcan, 21 ans, formée chez le constructeur aéronautique MTU Aero Engines, a ainsi estimé qu’une telle économie de guerre ne créait pas d’emplois durables.

Pour les syndiqués comme Janik Hitzemann, employé depuis plus de dix ans sur la chaîne de montage des véhicules à Hanovre, l’exercice d’équilibre reste délicat. L’organisation doit veiller à ne pas donner l’impression qu’on ne puisse pas nous reprocher d’entraver le progrès et la pérennité de l’entreprise en rejetant tout catégoriquement, tout en envoyant un message clair pour participer aux décisions sur le destin de l’entreprise.

Les ouvriers allemands d'Audi manifestent contre la menace de fermeture de leur usine

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