Près de deux semaines de négociations houleuses à la COP17 d’Erevan se sont conclues tard vendredi par l’adoption de plusieurs textes clés sur la protection de la biodiversité. Le sommet de mi-parcours, achevé le 30 octobre 2026 en Arménie, a permis de valider un examen mondial et des mesures de financement, malgré de profonds désaccords géopolitiques.
Les représentants de près de 200 pays réunis dans la capitale arménienne ont dû prolonger les débats pour surmonter des blocages persistants. Le ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, a soumis deux textes majeurs à l’assemblée en fin de soirée, déclarant leur adoption sans opposition aux cris de Et voilà. Parfait
sous les applaudissements de la salle, selon les détails rapportés par les agences sur place.
Bilan de l’accord de Kunming-Montréal
Le premier texte adopté fait office d’examen mondial de l’accord historique conclu en 2022 en Colombie et au Canada, connu sous le nom de Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Ce pacte fixe 23 objectifs précis à atteindre d’ici 2030, parmi lesquels l’emblématique protection de 30 % des terres et des océans, la réduction de la pollution, la gestion des espèces invasives et la restauration des écosystèmes dégradés.
Les rapports publiés en amont et pendant le sommet montrent que la quasi-totalité de ces cibles accuse un retard manifeste. Pour illustrer l’ampleur de la tâche, la base Protected Planet indique qu’environ 19 % des terres et des eaux intérieures bénéficient d’un statut protégé.
Environ 10 % des océans bénéficient actuellement d’un statut protégé, loin de l’échéance fixée à la fin de la décennie.
Financement et mobilisation des ressources
Le second volet des textes adoptés concerne la mobilisation des ressources financières, un sujet qui a provoqué des frictions intenses tout au long de la quinzaine. L’Union européenne a tenté en vain d’obtenir l’intégration des grands pays émergents, notamment la Chine, dans la liste officielle des États donateurs, un registre resté figé depuis 2006.
Face au refus catégorique des pays émergents d’élargir ce groupe, le projet d’accord final s’est rabattu sur une participation sur une base volontaire. Le déficit de financement annuel pour enrayer la destruction de la nature reste estimé à environ 700 milliards de dollars.
Les délégués devaient également négocier la contribution financière des entreprises à un fonds onusien pour la conservation particulièrement dégarni.

Affrontements diplomatiques autour de la science
La conférence d’Erevan a également été marquée par de vifs affrontements diplomatiques. La question sensible des subventions publiques accordées aux activités extractives et destructrices pour l’environnement, telles que l’exploitation pétrolière ou l’agriculture intensive, n’a pas connu la percée espérée par les défenseurs de l’environnement.
Plusieurs délégations ont pointé du doigt des tentatives concertées pour affaiblir les bases scientifiques qui guident les politiques mondiales de préservation. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a publiquement déploré ces manœuvres, s’exprimant avant la clôture des travaux.
Il existe une alliance manifeste entre la Russie, l’Arabie saoudite, l’Argentine et, dans une certaine mesure, le Brésil.
Perspectives et choix du pays hôte pour 2028
Malgré l’adoption des textes de compromis sous la houlette de la présidence arménienne, le bilan global de cette session extraordinaire reste en deçà des attentes initiales. La ministre française a résumé l’état d’esprit général en affirmant que cette COP ne restera pas dans les annales pour ses avancées
, tout en saluant le travail de terrain accompli.
Parallèlement, la présidence de la COP17 a lancé une initiative novatrice pour encourager l’identification des mesures de conservation efficaces en dehors des aires protégées traditionnelles, connues sous l’acronyme OECM, avec le concours de la FAO et de l’UICN. Les participants devaient en outre trancher dans les dernières heures entre l’Équateur et le Panama pour désigner le pays hôte qui accueillera la prochaine conférence mondiale sur la biodiversité en 2028.
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